Projet de loi de finances pour 2013Mardi dernier, l’Assemblée nationale a adopté le premier volet « recettes » du Projet de loi finances 2013. Je voudrais saluer ce vote, qui met fin à une situation généralisée d’injustices fiscale et sociale grâce à des mesures volontaires. Parmi elles, le rétablissement d’une véritable progressivité de l’impôt, grâce à la création d’une nouvelle tranche marginale d’imposition de 45% au-delà de 150 000 euros par part, permet de répartir plus justement l’effort fiscal demandé aux Français. De même, la création d’une contribution exceptionnelle marque la volonté de faire contribuer les ménages selon leurs moyens, et rappelle de fait l’importance de la solidarité nationale.

Je voudrais également revenir sur la taxation des revenus du capital au même titre que les revenus du travail : cette mesure constitue une avancée décisive qui réhabilite le travail et l’économie réelle face à la spéculation déréglementée. De la même manière, la volonté de différencier dans le traitement fiscal les PME-TPE des grands groupes largement avantagés illustre le souci de préserver les structures créatrices d’emplois.

Ce PLF 2013 prend sens également dans un contexte plus général de redressement grâce à des investissements pour l’avenir. Un travail de fond en effet est mené dans l’Education Nationale, les 60 000 postes témoignent de la volonté de ne pas faire d’économie sur les investissements d’avenir.

Continuons sur cette voie !

Après un quinquennat caractérisé par des privilèges indus et une gestion partisane, les Français sont sensibles à cet effort d’équité. Aussi, je voudrais assurer le gouvernement de mon soutien sur des sujets difficiles, qui ont éventuellement suscité la fronde des organisations patronales et des associations de contribuables, parfois de manière indécente. Et à ce titre, je m’alarme que des reculs aient parfois été observés.

Sur la taxe à 75% de la tranche des revenus les plus élevés notamment, les lobbies sont parvenus à faire croire qu’il était indécent de taxer de manière importante les revenus élevés, en présentant le principe de l’impôt comme un avatar déguisé du vol. Je voudrais rappeler que l’impôt est une conséquence de la vie en collectivité, un moyen de permettre la cohésion sociale ; sa légitimité est indiscutable, et son taux fonction des revenus du contribuable.

D’une manière générale, je m’oppose aux discours qui tendent à faire croise que l’impôt est un recul, et que la modernité consiste nécessairement en une baisse aveugle et systématique des taxes. Au Royaume-Uni, le taux d’imposition des tranches supérieures s’élevait à 83 % lorsque Margaret Thatcher est arrivée au pouvoir en 1979. De tout temps lors des crises ou des guerres, l’Etat n’a pas hésité à prélever via les impôts des sommes indolores pour les grandes fortunes, et qui font la différence pour ceux que la crise fauche. Il faut rester vigilant sur ces mesures d’équité fiscale, et se battre pour qu’elles soient votées en l’état et ne soient pas vidées de leur substance. C’est en tout cas ce à quoi je m’engage.