Cette après-midi, un ami sénégalais que je n’avais pas vu depuis longtemps m’a dit son indignation concernant les tests ADN et concernant "l’affaire’ de l’Arche de Zoé. Il a attiré mon attention sur des considérations dont on n’a guère fait mention.

Certes, ce n’est pas l’actualité brûlante mais il y en a pour qui le quotidien n’a pas grand-chose à voir avec ce dont parlent les journaux. Il m’a parlé de certains villages africains entièrement décimés par le sida et où les adoptions par les voisins sont courantes. Il m’a demandé si ceux qui préconisaient ces tests trouvaient plus juste que ces enfants rejoignent les rangs des enfants soldats, à moins qu’ils ne doivent être réservés à l’adoption par des Français ?

Je partage son point de vue. Par l’adoption de l’amendement Mariani, les législateurs vont, de plus, entretenir le soupçon à l’encontre des immigrés en situation régulière, alors qu’il s’agit en théorie, de lutter contre l’immigration irrégulière. Ils vont également changer l’idée de ce qu’est la France. En effet, dans l’histoire de France, la famille n’a jamais été considérée comme un groupe d’individus rassemblés sur une base uniquement biologique. On pourrait presque dire que la cellule familiale est un modèle réduit du contrat social qu’est la nation française. Une association librement consentie de personnes qui se reconnaissent entre elles. Une communauté de destins, un futur, plutôt que le passé d’attaches biologiques.