Lycée Jules Haag : 150 ans de l'HorloIls étaient nombreux, les anciens élèves et professeurs du lycée Jules-Haag aujourd’hui, pour fêter les 150 ans de l’Ecole nationale d’horlogerie, de mécanique et d’électricité. « L’Horlo », comme les Bisontins l’appellent toujours, était en fête pour faire (re)découvrir son passé et son présent.  J’ai eu beaucoup de plaisir à faire davantage connaissance avec cet établissement emblématique de Besançon et de son histoire, aux côtés du proviseur, du recteur, du maire et de la présidente de région.

L’Ecole nationale d’horlogerie de Besançon a été créée le 1er février 1862. Située d’abord sur l’actuelle place de la Révolution, dans ce qui est encore pour quelques semaines le Conservatoire, elle comptait au départ 7 élèves qui suivaient une formation composée d’un quart de cours théoriques et de trois-quarts de cours pratiques.

L’école est progressivement à l’étroit dans ses murs avec la montée en puissance de l’horlogerie à Besançon. En effet, en 1878, la France est le premier producteur mondial de montres. Besançon fournit 89 % des montres françaises et 15 000 vivent de ce secteur dans la capitale comtoise.

L’Ecole nationale sera donc dotée d’un nouveau siège à l’emplacement actuel, achevé en 1931 et inauguré en 1933 par le Président de la République, Albert Lebrun. Dans le style Art Déco, le bâtiment dessiné par l’architecte Guadet est le premier de Besançon à être construit en béton armé. Le général De Gaulle fera une visite en ces lieux en 1962. Le bâtiment principal a été labellisé « Patrimoine du XXe siècle » par le ministère de la Culture.

Aujourd’hui, le lycée « polyvalent » compte 1750 élèves et environ 180 professeurs. Bien qu’ayant perdu ses formations en horlogerie dans les années 80, le lycée Jules Haag bénéficie toujours d’une grande réputation pour les formations dans le domaine des microtechniques, s’appuyant ainsi sur les savoir-faire de précision de l’horlogerie. Le renouveau de l’industrie horlogère à Besançon peut laisser augurer un renouveau des formations. Des réflexions sont engagées en ce sens.

Enfin, il faut noter que le Conseil régional a engagé depuis plus de 10 ans un vaste programme de réhabilitation des bâtiments.

Qui était Jules Haag ?

Jules Haag nait le 19 août 1882 à Flirey en Meurthe-et-Moselle, dans une famille modeste. Elève de l’Ecole normale supérieure, agrégé de mathématiques, docteur ès sciences, il enseigne la mécanique rationnelle à la faculté de Clermont-Ferrand.

En 1927, il accepte la direction de l’Institut de chronométrie de Besançon, qui deviendra plus tard l’ENSMM. Co-fondateur puis président de la Société chronométrique de France, il est le premier président du CETEHOR en 1949. Il devient également membre de l’Académie des sciences en 1946 et est fait chevalier de la Légion d’honneur.

Il meurt le 16 février 1953 à Besançon. Il donnera son nom à l’Ecole nationale d’horlogerie de Besançon en 1974.