France Bleu Besançon, dans son édition de 8 heures du journal du 28 mai dernier, s’est intéressé à la première circonscription du Doubs à l’occasion des élections législatives.

J’ai plus particulièrement été interrogée au sujet de la lutte contre la délinquance. Vous pouvez écouter ci-dessous l’enregistrement de cette séquence du journal, mais également retrouver l’ensemble de mon point de vue dans les lignes qui suivent.


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Pour lutter contre la délinquance, il n’y a pas de réponse unique et uniforme. C’est pourquoi il faut associer sanction et prévention, afin de sortir d’une logique purement répressive ou uniquement préventive.

La puissance publique doit faire preuve de fermeté, afin que chaque acte de délinquance trouve sa juste réponse. C’est, selon moi, une question de justice et de respect vis-à-vis des victimes bien évidemment, mais également auteurs de ces faits qui, en particulier lorsqu’ils sont jeunes, doivent être sortis de cette spirale destructrice de la délinquance.

Cette fermeté doit impérativement être synonyme d’une sanction adaptée, rapide et proportionnée, qui peut aller jusqu’à la privation de liberté, mais dans les cas extrêmes où une autre réponse ne peut pas être envisagée. Cette sanction, quelle qu’elle soit, est avant tout là pour éduquer, car c’est par l’éducation que l’on peut éviter que cela se reproduise. La réponse ne peut pas être de mettre des jeunes en prison pour des faits qui ne le justifient pas, et où l’on ne prépare pas suffisamment leur sortie et leur réinsertion dans la société. C’est cette répression excessive et disproportionnée qui encourage la récidive puisque les jeunes délinquants sont parfois humiliés et sont au contact de “gros délinquants” incarcérés pour des faits beaucoup plus graves. Il est d’ailleurs utile de rappeler qu’un éducateur coûte moins cher à la collectivité qu’un gardien de prison…

La lutte contre la délinquance passe par des contacts permanents avec les forces de police car la police de proximité a un rôle social très important, tant pour la population que pour les agents eux-mêmes. Pour cela, il faut :

  • maintenir les effectifs de police et de gendarmerie dans les quartiers difficiles et à la campagne
  • rétablir les crédits de fonctionnement des commissariats.

Il est d’ailleurs important de souligner que, en dépit de l’affichage médiatique de Nicolas Sarkozy lorsqu’il était Ministre de l’Intérieur, ces crédits n’ont cessé de diminuer et, concernant Besançon, il manque toujours 40 postes d’agents de police au commissariat, alors que le Maire a multiplié les requêtes pour obtenir ces moyens humains auprès du Ministre.

La prévention est l’autre volet indissociable de ces politiques, non pas par angélisme, mais pour s’attaquer à la racine du mal, c’est-à-dire, dans une grande partie des cas, les conditions dans lesquelles les gens vivent. Le racisme, les exclusions sociales, le chômage… : tout cela est le terreau de la violence. C’est pourquoi il faut agir :

  • dès la petite enfance,en protégeant les enfants contre les violences familiales, à l’origine de nombreuses incarcérations
  • en transmettant des valeurs alternatives à la culture dominante de la loi du plus fort, du “chacun pour soi”
  • en donnant les moyens humains et financiers à la justice civile, celle du quotidien, pour réparer les injustices.

Mais au-delà de cela, on ne combattra efficacement la délinquance que par l’emploi, la culture, la décence du logement, la lutte contre toutes les formes de discrimination.

Enfin, je pense qu’il faut une moralisation de la vie publique, car on ne peut pas prôner la “tolérance zéro” en ne se l’appliquant pas à soi-même. Quel exemple des élus ou anciens élus, y compris au plus haut niveau de l’Etat, donnent-ils à tous ces jeunes en ne rendant pas de comptes sur des agissements présumés et en échappant ainsi à la justice ?