Conseillère générale du canton de Planoise, j’avais réagi au mois de novembre à la polémique municipale concernant la politique de sécurité. J’avais à la fois affirmé l’importance pour chacun de vivre dans la tranquillité et ma réserve par rapport à l’utilisation de la vidéo-surveillance pour atteindre cet objectif. Dans son récent rapport sur l’organisation et la gestion des forces de sécurité la Cour des Comptes va dans ce sens en se montrant très critique sur la politique conduite dans ce domaine : coûteuse, inefficace et qui s’accompagne d’un désengagement de l’Etat. Mais, il conteste en particulier la video-surveillance. Ces caméras sont jugées trop chères, mal contrôlées et d’une efficacité douteuse.

Si il est tout à fait légitime pour un membre de la majorité de défendre le bilan de sa politique, il me paraît choquant de la part du ministre de l’Intérieur de remettre en cause la fiabilité et de l’impartialité du rapport de façon aussi violente et caricaturale, plutôt que d’essayer d’en tirer des enseignements. Ces mises en causes sont d’autant plus regrettables que le ministre sait bien que les données sur lesquelles s’appuie ce rapport sont issues de ses propres services.