De plus en plus, on entend que l’Allemagne accueillerait des réfugiés par intérêt économique ; qu’Angela Merkel le ferait par calcul politique ; que les Allemands l’accepteraient parce que leur démographie est négative ; enfin que le patronat laisserait faire dans l’espoir d’avoir une main-d’œuvre moins chère.

Nombre d’études le démontrent, l’immigration est bonne pour l’économie et la société, toutes les sociétés. Ce qui est vrai pour l’Allemagne l’est également pour la France et le reste de l’Europe. Pourquoi reprocher à l’Allemagne de l’avoir peut-être compris mieux que nous ?

Quand bien même la politique allemande d’accueil serait motivée par un intérêt comptable, ces réfugiés n’en sont pas moins, d’une part accueillis en masse, d’autre part bien accueillis. Au vu de l’urgence de la situation, c’est ce qui est fait qui compte. Lorsque notre objectif est de sauver des vies et de faciliter l’intégration de personnes qui, de toute manière, viennent et continueront vraisemblablement de venir, on voit mal la plus-value qu’il y a à contester la sincérité de la démarche allemande.

Par ailleurs, ces éventuels intérêts économiques n’enlèvent rien aux démarches de solidarité citoyenne. Il n’y a rien d’incompatible entre l’arrivée de migrants correspondant aux besoins d’un pays et la joie de ses citoyens à les accueillir.

Que Madame Merkel et son gouvernement fassent par ailleurs des choix contestables en matière économique et sociale, de même qu’au regard de la situation grecque n’enlève rien au fait qu’ils incarnent aujourd’hui particulièrement bien un modèle d’ouverture que l’on dit souvent être le modèle européen.