Discours prononcé par les associations à l'occasion de la journée de solidarité avec le peuple palestinien

Non à l'enfermement du peuple palestinien

Quand célébrera-t-on la chute du Mur en Palestine, comme on l'a fait récemment à Berlin ? Quand les accords seront-ils respectés ? Quand les Palestiniens auront-ils enfin le droit de vivre en paix ?

Depuis 1948, il y a déjà eu tant de paroles, tant d’engagements non tenus, tant d’accords non respectés, tant de mépris des droits de l’autre, tant de haine au nom de la religion… qu’on est en droit de se demander s’il faut encore et encore discourir au risque d’apparaître comme donneur de leçons. Pourtant nous devons poursuivre la mobilisation.

Nous appartenons au même monde. Si l’ONU a été créée, c’est bien parce que l’on a créé cette communauté internationale : une communauté fondée sur le droit, et non pas sur le droit du plus fort.

En particulier, lorsque le rapport de forces entre les parties en présence est déséquilibré, comme c’est le cas, on doit se donner les moyens de faire respecter le droit, fut-ce par la contrainte, sans quoi c’est le droit du plus fort qui triomphe, et le droit du plus fort, c’est l’inverse même du droit.

L’organisation israélienne de défense des droits de l’Homme, B’Tselem, qui a fêté dimanche son 20ème anniversaire, relèvent que 7 398 Palestiniens, dont au moins 1537 mineurs, ont été tués ces 20 dernières années par les forces israéliennes.

Avec la guerre de Gaza, l’année 2009 a elle seule a vu 1033 Palestiniens tués.

4300 maisons ont été détruites par Israël parce que leur propriétaire ne possédait pas de permis ou par punition, et 3540 maisons ont été rasées dans le cadre d’opérations militaires israéliennes.

Les colonies juives s’étendent constamment, près de 480 000 Israéliens vivent de l’autre côté de la ligne verte (la démarcation datant de l’armistice de 1949)
Au cours de la même période des 20 dernières années, les Palestiniens ont eux aussi tué 1483 Israéliens, dont 139 mineurs.

Toutes ces violences sont condamnables, comme les attentats suicide sont inexcusables.

Mais le peuple palestinien se retrouve nié dans son légitime besoin d’Etat et dans ses droits élémentaires tels que l’accès à l’eau, la liberté de circulation, la liberté de commercer avec le reste du monde…

Les interventions militaires de l’armée israélienne contre les populations palestiniennes, les expropriations, la construction du long mur israélien qui confine les populations palestiniennes dans un « Bantoustan » sont intolérables.

Voici 5 ans que la cour internationale de justice de La Haye a déclaré illégal le mur construit en Cisjordanie.

Ce territoire est fragmenté en 6 zones séparées les unes des autres et 38 % de sa surface, notamment Jérusalem-Est sont inaccessibles aux Palestiniens au bénéfice des colonies israéliennes illégales.

Cet enfermement asphyxie petit à petit le peuple palestinien, tant sur le plan familial, que psychologique et économique.

Cette situation qui bafoue les droits de l'homme les plus élémentaires est poussée à son paroxysme dans la bande de Gaza, symbole exacerbé d'une sanglante punition collective infligée par l'armée israélienne et dénoncée par la mission d'enquête menée par le juge Richard Goldstone mandatée par les Nations-Unies.

Actuellement, dans une indifférence planétaire, le blocus israélien de Gaza affame une population d'1,5 millions habitants dont la grande majorité n'a commis aucun crime. Cadenasser une population violente ne permettra pas à l'Etat israélien de garantir la sécurité de ses citoyens, la désespérance étant toujours mauvaise conseillère.

Nous demandons donc au gouvernement français à l'occasion de la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, d'agir fermement pour obtenir :

  • La réouverture complète de la bande de Gaza ;
  • L'arrêt immédiat des implantations illégales à Jérusalem-est ;
  • Le démantèlement du Mur construit illégalement par Israël en Cisjordanie ;
  • La mise en oeuvre, par le conseil de sécurité des Nations unies, des recommandations du rapport de la mission du Conseil des droits de l'Homme menée par le juge Goldstone ;
  • L'ouverture d'un dialogue avec les représentants élus du Hamas ;
  • L'arrêt immédiat de l'implication des entreprises françaises dans la construction du tramway à Jérusalem-est
  • Une pression de l’UE sur Israël pour faire respecter le droit et la suspension de tout statut spécial privilégié comme c’est le cas aujourd’hui.

Dans le cadre de la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, nous demandons le respect des accords signés, le respect du droit international, le respect des droits de l’Homme, qui font de nous des membres responsables d’une communauté humaine.

Si on veut que la paix ait une chance de s’installer durablement dans cette région, la communauté internationale se doit de faire respecter les décisions qu’elle a prises, ainsi que les accords conclus entre les parties.

Association France Palestine solidarité, Association comtoise pour la connaissance du Maghreb et du monde arabe, ATTAC, Centre culturel islamique de Franche-Comté, FSU, Les alternatifs, La ligue des droits de l’homme, Le mouvement de la paix, Les verts, Les jeunes verts, MRAP, NPA, PCF, SUD (solidaire)