François Bayrou, le 3 mai 2012L’annonce, hier soir, de François Bayrou, sanctionne durement l’UMP.

En indiquant qu’il votera en faveur de François Hollande dimanche 6 mai, le Président du Modem rejette la radicalité adoptée depuis plusieurs semaines par le candidat Nicolas Sarkozy et son équipe de campagne. François Bayrou ne fait d’ailleurs nul mystère sur les raisons de son choix : « La ligne qu’a choisie Nicolas Sarkozy entre les deux tours est violente » dit-il. « Elle entre en contradiction avec les valeurs qui sont les nôtres, pas seulement les miennes, pas seulement celles du courant politique que je représente, mais aussi les valeurs du gaullisme, autant que celles de la droite républicaine et sociale. »

Tout est dit. Le message de François Bayrou rappelle qu’il fut un temps où la droite savait faire preuve d’une certaine ouverture d’esprit sur la question sociale. Il fut un temps où elle abaissait la majorité à 18 ans, où elle légalisait la pilule contraceptive et le droit à l’avortement. Et il fut un temps, pas si lointain, où des lignes parfaitement distinctes étaient tracées entre les thématiques conservatrices et celles, nauséabondes et réactionnaires, du Front national.

Ce temps, pour l’UMP, est révolu. Nicolas Sarkozy a brisé les digues établies par ses prédécesseurs. En assimilant systématiquement l’étranger à l’ennemi, en confondant volontairement assistanat et solidarité, en remettant en cause l’accès anonyme à la pilule pour les jeunes filles mineures, en opposant les travailleurs du privé à ceux du public, celui qui prétendait parler à tous les Français n’a eu de cesse de les diviser et de faire régner sur cette campagne électorale le plus détestable des climats. En recevant aujourd’hui la leçon de François Bayrou, Nicolas Sarkozy récolte ce qu’il a semé.