Les emplois d'avenirVotée le 9 octobre dernier, la loi portant création des emplois d’avenir est en vigueur depuis la fin de l’année. Michel Sapin, ministre du Travail et de l’Emploi, et Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances, sont venus à Besançon, au Conseil général du Doubs, pour signer les premiers contrats en Franche-Comté le vendredi 23 novembre 2012.

Les emplois d’avenir sont destinés en priorité aux jeunes de 16 à 25 ans, peu ou pas qualifiés, qui ont des difficultés particulières d’accès à l’emploi. Ils concernent particulièrement les jeunes qui vivent dans les zones urbaines ou rurales les plus marquées par le chômage. Le dispositif s’adresse également aux jeunes diplômés des zones sensibles qui se heurtent aux difficultés d’insertion professionnelle. A chaque fois, l’Etat prend en charge 75 % de la rémunération à hauteur du SMIC, pendant une durée de 1 an renouvelable 2 fois (mais les contrats peuvent être des CDI). Avec les contrats de génération, votés le 23 janvier dernier, ces emplois d’avenir sont l’un des deux dispositifs phares pour aider les jeunes à accéder au marché du travail.

Suite à plusieurs rencontres avec des jeunes, notamment lors de mes permanences parlementaires, j’ai souhaité en savoir plus sur la mise en place au niveau local de ces emplois d’avenir, constater sur le terrain la concrétisation des dispositifs que nous votons au Parlement. Cela peut aussi permettre d’en corriger les imperfections.

Michel Sapin a pu nous communiquer des éléments qui font le point sur la mise en place des emplois d’avenir au niveau national et au niveau local.

Chaque semaine, le rythme s’accélère : plus de 150 contrats sont signés chaque semaine contre 100 les premières semaines. Et la progression continue pour atteindre progressivement la pleine vitesse. Aujourd’hui plus de 5200 emplois d’avenir ont été créés alors que le dispositif n’a été lancé que depuis 3 mois et demi. C’est supérieur au lancement des emplois jeunes (3200 sur la même période, à périmètre constant), alors même que la conjoncture était plus favorable.

Sur ces premiers recrutements, on peut constater que 95 % d’entre eux sont des temps plein, près de 60 % sont des contrat de 3 ans et plus. Plus de la moitié des jeunes recrutés sont sans diplôme, 35 % d’entre eux ont un CAP ou un BEP et seulement 10 % sont recrutés au titre de l’exception de qualification (de Bac à Bac+3).

Avec la publication en cours des schémas d’orientation régionaux et des arrêtés pour le secteur marchands, avec le vote des budgets des collectivités locales et la déclinaison progressive localement de conventions nationales, le rythme devrait donc encore s’intensifier dans les semaines et les mois à venir.

Il en est de même en Franche-Comté qui est à l’heure actuelle la ou l’une des régions en France les plus performantes puisque près de 15 % de l’objectif final en nombre d’emplois d’avenir a d’ores et déjà été atteint, contre 7 % en moyenne nationale. A chaque fois, c’est le tandem Pôle emploi - Mission locale ou CapEmploi (pour les travailleurs handicapés) qui est à l’œuvre. Pôle emploi centralise toutes les offres et indique si elles sont éligibles aux emplois d’avenir. Les missions locales et CapEmploi sont en relation direct avec les jeunes pour les orienter le plus efficacement possible vers les offres appropriées.

Localement aussi, des marges de progrès existent pour conforter le déploiement du dispositif, en particulier dans le secteur marchand. L’arrêté préfectoral déterminant les filières éligibles a été publié le 1er février dernier. Un travail est réalisé pour décliner les conventions cadres qui ont été signées par Jean-Marc Ayrault avec des entreprises publiques comme La Poste ou la SNCF. De même, le secteur de l’agroalimentaire et la filière Comté sont deux axes de prospection importants pour faire émerger des emplois d’avenir en zone rurale.

Ces premiers indicateurs sont encourageants pour le dispositif, même si le contexte économique et social reste très difficile. Je suivrai avec attention les évolutions dans les prochains mois.

Pour en savoir plus…

Le site internet des Emplois d’avenir

Le dossier législatif sur les emplois d’avenir