Archives pour juin, 2015

Le bulletin de votre députée - 2015

Trois ans après mon élection à l’Assemblée nationale et comme j’en ai pris l’engagement, je viens de réaliser un nouveau document synthétique présentant quelques-uns des temps forts du travail parlementaire et de l’exercice de mon mandat. Je vous invite à le consulter ci-dessous ou à le télécharger et à le diffuser.

Par ailleurs, j’organise 4 réunions publiques pour rendre compte de mon mandat :

Vendredi 12 juin à 20h
Byans-sur-Doubs, salle des associations
(1 place de l’Église)

Lundi 15 juin à 20h
Besançon Planoise, salle des Époisses
(5 avenue de Bourgogne)

Mardi 23 juin à 20h
Besançon Montrapon, salle Haag (17 rue Haag)

Jeudi 2 juillet à 20h
Pelousey, salle Saint-Martin (Grande rue)

Je vous invite à ces réunions qui seront l’occasion de présenter mon travail parlemantaire mais aussi d’échanger sur l’actualité économique et sociale.

Du risque social-écologique

Je viens de lire le livre stimulant d’Éloi Laurent, intitulé le Bel Avenir de l’État providence, dans lequel il montre les bienfaits de l’État providence et bat en brèche tous les poncifs affirmant combien il serait coûteux, entraverait le dynamisme de l’économie et celui des individus. Il appelle donc à sa protection, mais aussi à sa réinvention. Réinvention qui passe notamment par l’intégration de la question environnementale. Autrement dit, si l’État providence oppose un droit à un risque, il faut bien comprendre que la nature du risque a changé depuis l’après-Seconde Guerre mondiale. Au risque social s’est ajouté le risque écologique. Éloi Laurent parle même d’un risque social-écologique pour bien montrer l’imbrication des questions sociales et écologiques.

J’ai trouvé particulièrement convaincante cette partie du livre dans laquelle il explicite ce lien entre la pauvreté et l’exposition aux effets de la dégradation de la planète, lien qui fonctionne dans les deux sens : « Les inégalités sociales nourrissent les crises écologiques ; les crises écologiques grossissent en retour les inégalités sociales. »

Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut donc lutter contre la pauvreté et les écarts de revenus. On pourrait dire que, quand bien même on serait indifférent au sort des plus pauvres, pour sauver la planète sur laquelle on vit et, donc, pour préserver sa propre vie, il est absolument indispensable de s’en soucier. Par exemple, pour limiter la production de gaz à effet de serre, source du réchauffement climatique, il faut isoler les logements des personnes les plus précaires car ce sont elles qui vivent dans des passoires énergétiques et qu’elles ne sont pas en mesure de financer ces rénovations.

De même, pour réduire les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres, il est crucial de prendre en compte l’état de la planète. En effet, les inégalités face aux catastrophes naturelles sont considérables. On sait, par exemple, que l’immense majorité de celles et ceux qui meurent dans les inondations sont les plus pauvres car ce sont leurs habitations qui sont construites en zones inondables. Il y a ainsi des endroits qui ne sont pas faits pour de l’habitat humain.

Ainsi, à gauche, jusqu’à une période récente, soit on considérait que la question de la pauvreté était prioritaire, on avait alors tendance à négliger la question écologique, soit on faisait l’inverse arguant de l’urgence climatique. Les questions écologiques et sociales sont bien à traiter ensemble et à égalité. Cette nécessité est également une opportunité pour la gauche pour l’aider à se renouveler.

Barbara Romagnan

Chronique publiée dans L’Humanité le 8 juin 2015

Flash info - Semaine du 1er juin 2015

Flash infoAUTO-ECOLE - Le décret d’application de la Loi Consommation du 17 mars 2014 est publié au Journal officiel. La facturation de frais de transfert de dossier des candidats au permis de conduire d’une auto-école à une autre est désormais interdite. Chaque candidat pourra donc changer d’auto-école sans frais, quelle qu’en soit la raison, en cas de déménagement, ou encore pour faire jouer la concurrence. Cette mesure est complémentaire à celle relative à la restitution gratuite du dossier aux candidats qui le demandent, également introduite par la loi Consommation. >> En savoir plus

QUALITE DE L’AIR - Ségolène Royal a présenté un plan d’actions pour lutter contre la pollution atmosphérique. Son objectif : rendre les villes respirables d’ici à 5 ans en réduisant de manière pérenne les niveaux de pollution. >> En savoir plus

INDICATION GEOGRAPHIQUE - A ce jour, seuls les produits naturels, agricoles et viticoles peuvent bénéficier d’indications géographiques. La loi Consommation crée les indications géographiques pour les produits manufacturés et les ressources naturelles. Une indication géographique met en évidence un lieu ou une région de production précis et détermine les qualités caractéristiques du produit originaire de ce lieu. Ce dispositif améliore la transparence pour le consommateur sur l’origine et le mode de fabrication des produits, reconnaît et met en valeur des savoir-faire, et valorise nos « made in » locaux. En favorisant le maintien de l’activité et de l’emploi local, il devient un véritable levier de développement économique dans les territoires. Le logo « Indication géographique France » pourra être apposé sur le produit. Celui-ci sera référencé sur la base de données des indications géographiques disponibles en ligne sur le site de l’INPI. >> En savoir plus

Agenda – Semaine du 1er juin 2015

AgendaLundi 1er juin
distribution de mon document de compte rendu de mandat - séance de travail à ma permanence parlementaire - rendez-vous avec la CGT de la SNCF concernant le projet de fermeture de la boutique du centre-ville de Besançon

Mardi 2 juin
Assemblée nationale - réunion  »Vive la gauche » - réunion du groupe socialiste - vote solennel du projet de loi relatif au dialogue social et à l’emploi

Mercredi 3 juin
séance de travail à l’Assemblée nationale - réunion des commissaires socialistes au Développement durable et à l’Aménagement du territoire - commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire - réunion du groupe socialiste

Jeudi 4 juin
Assemblée nationale - réunion avec des maires de la circonscription à Champvans-les-Moulins

Vendredi 5 juin
visite de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, à Besançon

« Contrôler » les chômeurs ?

La question du contrôle des chômeurs revient régulièrement dans le débat public. S’il s’agit de s’assurer que les indemnités de chômage vont bien aux personnes qui y ont droit et de permettre d’identifier les personnes en perte de confiance en elles, marginalisées, découragées et qui peinent à faire leurs recherches afin qu’elles bénéficient d’un accompagnement renforcé, cela me semble légitime et utile.

De la même façon que je crois qu’il doit y avoir des contreparties aux baisses de cotisations consenties aux entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité et que l’effectivité de ces contreparties doit être vérifiée, il me semble que la légitimité des prestations assurantielles suppose qu’elles soient versées aux personnes qui jouent le jeu de la recherche d’emploi. Cette vérification est également une façon de conforter l’acceptation, par les citoyens, du versement des indemnités de chômage. D’ailleurs, le Code du travail le prévoit déjà. Les demandeurs d’emploi sont tenus « d’effectuer des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer ou de reprendre une entreprise ».

Pourtant, convenons que, notamment de la bouche du ministre du Travail et de l’Emploi, l’expression peut être blessante pour les millions de personnes, et leurs proches, vivant le fléau du chômage et qui ne demandent qu’à pouvoir travailler et gagner dignement les moyens de leur subsistance. En effet, difficile de ne pas entendre sous cette formulation que, d’une part, si les gens sont au chômage, c’est qu’ils ne cherchent pas suffisamment à travailler ; d’autre part, que, en conséquence, les indemnités qu’ils perçoivent sont indues.

Rappelons d’abord que seul un chômeur sur deux est indemnisé, la moitié d’entre eux ayant épuisé leurs droits. Rappelons ensuite – mais comment l’oublier ? – que le chômage ne recule pas d’un pouce depuis des années et atteint des niveaux record que l’on ne peut pas expliquer par une supposée paresse des personnes privées d’emploi. Chacun peut comprendre également que rechercher un emploi dans une société où le chômage est massif et le travail largement précaire, n’a pas le même sens que dans une société où le chômage diminue. Les personnes sont bien conscientes qu’avec un faible niveau de formation, leurs perspectives d’emploi sont plus faibles.

Quand plus de 5 millions de personnes sont au chômage, toutes catégories confondues, et que le nombre de chômeurs de longue durée poursuit son augmentation, on ne peut l’expliquer par un manque d’entrain supposé des chômeurs. La façon dont notre société est organisée fait que certains ne peuvent plus trouver d’emploi dans des conditions qui leur permettent de vivre et d’en vivre. C’est pourquoi je crois urgent de répartir autrement le travail, comme les richesses de façon plus générale.

Barbara Romagnan

Chronique publiée dans L’Humanité du 1er juin 2015