Archives pour décembre, 2011
Triple faute
19/12/11
Je vous recommande vivement la lecture de cet éditorial de Caroline Fourest, paru dans le journal Le Monde.
Si elle se confirme, la perte du triple A incitera peut-être à une sorte d’union nationale. Au moins temporairement. Le gouvernement en jouera pour éviter l’autocritique et se poser en recours. La tentation sera également grande de chercher des boucs émissaires extérieurs. Les agences de notation, les banques, les marchés.
Ils ont leur part de responsabilité. Il y a de quoi tousser en voyant notre économie dépendre d’agences de notation aussi peu fiables. Celles qui ont couvert les comptes truqués de la Grèce, par une note positive, n’ont pas été sanctionnées. Mais jouent les redresseurs de « A » vis-à-vis d’Etats qui doivent maintenant se porter au secours de la zone euro. Leur note fait penser à celle d’un jury de patins à glace. Partielle et gonflée. Pourtant, ce n’est pas le problème. Si injuste soit-elle, une note n’est qu’un reflet. Il doit nous permettre de regarder une certaine réalité en face. A savoir que sans dette, cette note n’aurait aucune valeur ni aucun impact.
« La faute aux marchés » est également un refrain tentant. N’est-ce pas cette économie devenue folle, où le capital a mangé le travail, où les algorithmes favorisent la spéculation sur la dette, sur nos vies, qui est au coeur du problème ? Si, bien sûr. Il faut ralentir cette machine infernale. Imaginer des coupe-feu, des boutons, et taxer ces transactions pour redonner des marges de manoeuvre aux Etats. Encore faut-il pour cela que ces derniers ne gaspillent pas leurs leviers nationaux et leurs dernières marges de manoeuvre. En creusant les déficits et en se mettant à la merci des marchés et des banques. Mais voilà qui nous amène, inévitablement, à la triple faute – politique – de ce gouvernement.
La première faute est morale : avoir creusé les déficits publics, tout en creusant les inégalités. Par des cadeaux fiscaux aux plus riches et même en allant jusqu’à supprimer une tranche de l’impôt sur le revenu. Cette forme d’ »évasion » fiscale organisée, antisociale, était déjà douteuse avant la crise. Elle est inqualifiable avec le recul.
La deuxième faute est idéologique : ne pas avoir profité du renflouement des banques en 2008 pour renforcer l’emprise de l’Etat sur le secteur financier et bancaire. Au lieu de prêter sans contrepartie, le gouvernement français aurait pu exiger des droits de veto ou prendre des participations qui auraient augmenté sa marge de manoeuvre vis-à-vis de ses créanciers. Aujourd’hui renflouées grâce aux mesures prises par l’Etat, celles-ci sont plus que jamais en position de force pour lui dicter ses conditions.
Mais la troisième faute est récente. De sommet en sommet européen, alors que l’Allemagne n’a cessé de souhaiter mettre les banques à contribution, le gouvernement français a freiné. Il en ressort un compromis bancal : l’austérité, mais sans taxe sur les dividendes bancaires permettant de renflouer les caisses des Etats européens. Du coup, où puiser ? Sur le dos des citoyens et des services publics.
Personne ne dit que l’effort ne doit pas aussi venir de là. Mais cet effort doit être mieux partagé, ou il sera injuste et révoltant. En plus d’être inefficace et mortifère pour le pouvoir d’achat et la relance.
Essayiste et journaliste, rédactrice en chef de la revue « ProChoix », Caroline Fourest est l’auteure notamment de La Dernière Utopie ( Grasset, 2009) et de Libres de le dire, avec Taslima Nasreen (Flammarion, 2010).
Elections législatives 2012 : « Désignée par les militants socialistes, je mesure la responsabilité qui est la mienne. »
2/12/11
Avec 119 voix sur 119 exprimées, les militants socialistes de la première circonscription du Doubs m’ont accordé leur confiance pour représenter nos valeurs, défendre notre projet et nos propositions lors des élections législatives des 10 et 17 juin 2012. Je tiens à leur adresser mes plus sincères remerciements, ainsi qu’à Gérard Galliot, Maire de Dannemarie-sur-Crète, Conseiller général du canton d’Audeux, qui a accepté d’être mon suppléant et de m’accompagner dans cette aventure.
Je mesure la responsabilité qui est la mienne, qui est la nôtre, dans cette période difficile où les crises se succèdent. Les plus fragiles d’entre nous les subissent d’autant plus, que la rigueur mise en place par le gouvernement ne s’applique essentiellement aux plus pauvres et aux salariés, sans remise en cause profonde du système financier et sans réforme fiscale permettant de réduire les écarts de revenus et de patrimoine.
Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de politique pour, à défaut de les éviter, faire face aux crises multiples qui frappent notre société. Pourtant, la politique aussi est en crise : abstention, repli identitaire, populisme, individualisme, rejet des élus… Je suis candidate parce que, pour moi, la politique doit faire contrepoids à la loi du plus fort, à la loi des marchés. Elle est l’outil qui permet d’agir en commun.
Un espoir de changement prend forme, autour de François Hollande et avec l’ensemble des candidates et des candidats qui porteront les valeurs de la gauche pour les législatives. Les défis écologiques, sociaux, culturels et démocratiques auxquels nous sommes confrontés nous obligent à articuler le global et le local. J’aurai donc à cœur d’appuyer mon travail sur la réalité de notre circonscription, à la fois urbaine et rurale. Les enjeux y sont très nombreux. D’une part les questions liées aux quartiers sensibles, cumulant pauvreté, inégalités d’accès à la santé, échec scolaire. D’autre part, les questions liées à l’espace péri-urbain, tant en matière d’agriculture que de transports et déplacements, d’urbanisme, de transition énergétique… Je serai attentive aux difficultés rencontrées par nos concitoyens afin d’y apporter des réponses par le travail parlementaire, mais aussi à la richesse des expériences novatrices et des atouts de notre territoire, aux côtés des syndicats, des associations, de la société civile. De même, comme je l’ai toujours défendu, je ne cumulerai pas les mandats. C’est un gage de confiance en la politique et un engagement concret en faveur du renouvellement et de la diversité.
Enfin, au moment où la droite se saisit de chacune de nos hésitations ou contradictions, je voudrais que nous gardions notre calme pour ne pas tomber dans le piège que nous tendent nos adversaires. Au delà de la relation parfois difficile avec les écologistes, ils sont objectivement nos alliés. Les militants, les sympathisants et les électeurs de nos deux formations partagent l’essentiel de leurs idées. Pour finir, n’oublions pas que François Hollande en aura besoin pour s’appuyer sur une majorité à l’Assemblée nationale et faire passer nos réformes, il en aura aussi besoin pour gagner l’élection présidentielle. C’est pourquoi, je m’engage résolument dans la défense de cet accord et propose une démarche unitaire à nos partenaires d’EE-LV, ainsi qu’un partenariat le plus étroit possible avec les autres formations de gauche.
Dès aujourd’hui, avec Gérard Galliot, je retourne à la rencontre des habitants de notre circonscription, comme je le fais régulièrement depuis plusieurs années. Ces échanges sont toujours enrichissants car chacun a une expertise sur la société et des solutions à proposer. C’est cette intelligence collective que nous mettrons en avant, là où, depuis 5 ans, Nicolas Sarkozy et son Gouvernement ne font qu’imposer des réformes non seulement injustes, car dures pour les plus fragiles, mais aussi inefficaces.
Bien à vous,
Barbara Romagnan


