Agglomération, Département

Dernier Conseil d’Administration du CHU, grâce à la pression syndicale

Ce mercredi s’est tenu le dernier Conseil d'Administration (CA) du CHU de Besançon. En effet, la loi Hôpital Patient Santé Territoire (loi HPST) votée récemment prévoit le remplacement des Conseil d’Administration par des Conseils de Surveillance. Ils entreront pleinement en œuvre après le 4 juin, date de désignation des membres par l’ARS, l’Agence régionale de Santé.

Alors qu’il y avait plus de 30 membres dans le CA, il n’y aura plus que 15 membres dans le Conseil de surveillance. Cette réduction des membres n’est pas forcément problématique, ce qui l’est plus c’est que, comme son nom l’indique ce conseil aura un rôle beaucoup moins important, que le Directeur Général sera le vrai décideur et que les représentants des citoyens que sont les élus, ou ceux des salariés seront beaucoup moins présents avec beaucoup moins de pouvoir. C’est donc un recul démocratique.

Ce mercredi, nous en avons eu une illustration avant même que le conseil de surveillance ne remplace le CA. En effet, ce CA a été réuni sous l’insistante demande des représentants du personnel qui ont appris de façon anonyme qu’un CREF, un contrat de retour à l’équilibre financier, était en place dans l’établissement. Un CREF est un contrat passé entre le CHU et l’Agence Régionale d’Hospitalisation pour rétablir les comptes de l’Hôpital, très déficitaires. Il se décline en une série d’actions sensées permettre un retour à l’équilibre financier. Ce contrat est contestable sur le fond, notamment dans la dimension qui prévoit une baisse du personnel.

Ce CREF est injuste, d’abord parce qu’il fait reposer la responsabilité de la dette sur les salariés (ceux dont les contrats ne seront pas renouvelés, ceux dont la charge de travail va augmenter, et ceux dont les augmentations salariales vont être limitées) qui non seulement n’y sont pour rien, mais en plus sont indispensables et en nombre insuffisant dans l’hôpital.

Ensuite, cela risque d’entraîner une prise en charge de moins bonne qualité que subiront les patients, singulièrement ceux qui n’auront pas d’autre choix que le Service Public, n’ayant pas les moyens de payer une clinique privée.

Enfin, ce contrat est inadapté car les moyens éventuellement dégagés par ce plan sont dérisoires par rapport aux besoins et qu’on ne voit pas bien comment les agents hospitaliers pourront faire plus de travail en étant encore moins qu’auparavant.

Diminuer le personnel d’un Service Public n’est pas forcément une mauvaise chose. Il arrive même que cela soit souhaitable. En effet, il arrive que le travail soit mal organisé, qu’une activité ne se justifie plus, qu’on puisse la faire avec beaucoup moins de moyens. Dans ce cas, ce serait gaspiller de l’argent public que de maintenir des postes inutiles et ce serait une façon bien méprisante de considérer les agents publics. On a besoin d’argent et d’agents publics pour remplir toutes sortes de missions essentielles. En l’occurrence, à l’Hôpital public on sait que ce n’est pas le cas. La charge de travail des personnels non médicaux (infirmières, aides soignantes notamment) est de plus en plus importante, de même que les violences à leur endroit, les troubles musculo-squelettiques

Au CHU de Besançon, c’est particulièrement vrai car le taux de personnel (62 %) est beaucoup moins élevé que la moyenne nationale, qui se situe entre 70 et 75 %. Ce taux de personnel est digne des meilleures cliniques privées sauf qu’en plus les agents du CHU remplissent nombre de missions de Service Public, coûteuses, contrairement à ce que font les cliniques qui ont les moyens de choisir les patients qui « rapportent ».

Sur la forme, la façon dont ce CREF a été adopté est particulièrement choquante. Même si il est probable qu’il y aurait eu un CREF, peut-être même pire que celui qui a été signé, plus tard, il n’en reste pas moins que le CA n’en a pas été saisis, alors que cela engage le CHU, son personnel, ses patients et la collectivité d’une manière très grave.

Je vous invite à être très vigilant à ce qui se passe concernant votre hôpital et à apporter votre soutien aux soignants qui sont des professionnels de grande qualité, comme en atteste les différentes études ayant portées sur le CHU de Besançon, très engagés dans leur métier et dans la défense du Service Public de la Santé.

Parrainage républicain

Ce samedi 24 avril, j'ai participé à la cérémonie de parrainage républicain de personnes sans-papiers, salle Renée et Jules Rose, dans le quartier de Montrapon. Avec Jean-Paul Vogel, Président de la Ligue des droits de l'Homme de Besançon, nous parrainons un monsieur kurde de 50 ans.

Il appartient à cette forte minorité kurde de Turquie, qui est violentée pour cette seule raison. Il est venu pour la première fois en France en 1988 et a du retourné en Turquie en 1992 où il a été emprisonné et torturé en raison de ses engagements politiques. Il est revenu en France en 2004 où il a demandé l'asile politique qui lui a été refusé par deux fois. Il a donc du repartir. Il est à nouveau revenu en 2007 parce que trop menacé. On ne lui reconnait pourtant toujours pas le droit à l'asile politique.

C'est la 4ème fois que je participe à ces parrainages républicains et je continuerai à le faire car je crois que c'est mon devoir de citoyenne et d'élue. Ces familles et ces personnes seules qui quittent des lieux dans lesquels eux et leur familles sont menacés, dans lesquels ils ont souvent été torturés, soit pour leur engagement, soit pour leur croyance, soit simplement parce qu'ils ne sont pas nés au bon endroit, au bon moment. Ces familles pourraient être les nôtres, si nous n'avions pas eu la chance d'être nés en France.

C'est ainsi aussi un honneur qu'ils nous font en choisissant notre pays pour vivre leur vie libre et faire grandir leurs enfants. Ce parrainage est pour les parrains que nous sommes une façon de leur accorder une sorte de protection, notre soutien dans leurs démarches et une façon de les accueillir dans la République telle que nous la concevons.

En tant qu'élue, je considère qu'il est dans mon rôle de soutenir le travail des associations mobilisées (RESF, CDDLE, LDH, CIMADE) et de soutenir ces familles, en étant leur parole, car eux n'ont plus guère de voix tant leur existence est difficile et en disant que je ne fais pas mienne la politique gouvernementale et internationale concernant les victimes de violence, de la guerre, pour lesquelles ils ne sont pour rien.

Enfin, si notre pays est aujourd'hui la destination d'émigrants du sud et de l'est, c'est aussi parce qu'on ne s'attaque pas aux déséquilibres entre le nord et le sud et aux graves inégalités mondiales. De plus,  je tiens à dire à tous ceux qui s'interrogent sur le fait que ces personnes soient en situation irrégulière, que les irrégularités commises à leur égard sont autrement plus graves et sont la cause de leur situation d'aujourd'hui. De même, il est vrai que nous ne pouvons pas "accueillir toute la misère du monde". Néanmoins, aujourd'hui ils sont sur notre territoire. Je crois que la France a les moyens et le devoir de les accueillir dans des conditions dignes.