Société

Justice des mineurs : les dangers de la réforme

Le 28 juin dernier, l’Assemblée Nationale a adopté un projet de loi visant à réformer la justice des mineurs. Il ne reste maintenant plus qu’à l’Assemblée Nationale et au Sénat à s’entendre sur quelques ajustements mineurs pour que ce projet de loi soit adopté.

De nombreux professionnels de la justice, de nombreuses personnalités politiques, des associations à l’image de l’UNICEF, se sont indignés et se sont mobilisés contre ce projet.

Comme l’indiquait Jean-François de Mongolfier, chargé de mission au service juridique du Conseil Constitutionnel, en octobre 2008, deux principes fondamentaux doivent régir la justice des mineurs :

  • l’atténuation de leur responsabilité pénale en fonction de leur âge
  • la nécessité de rechercher le relèvement éducatif et moral des enfants délinquants par des mesures adaptées à leur âge et à leur personnalité.

Cette justice doit être mise en œuvre par une juridiction spéciale, et donc spécialement formée, et selon des procédures qui prennent en compte les spécificités liées au jeune âge des justiciables mineurs.

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Il ne fait pas bon être étranger en France…

La loi du 16 juin 2011 relative à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité, composée de 111 articles, a été promulguée par le président de la République et vient d’être publiée au journal officiel de la République. Si Claude Guéant se dit extrêmement satisfait, je veux affirmer pourquoi je suis, au contraire, profondément outrée et inquiète pour les étrangers qui vivent en France ou qui souhaiteraient s’y installer. Le cadre législatif leurs est désormais, plus que jamais, hostile.

Comme le souligne Serge Slama (dans un article du 13 juin 2011, publié sur le blog Combats pour les droits de l’Homme) la protection législative des étrangers est d’une grande faiblesse. En effet, saisis  par les parlementaires de l’opposition,  le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 9 juin dernier, n’a prononcé qu’une seule censure au projet de cette loi adoptée par le sénat. Cette censure visait seulement la disposition exorbitante initiale du projet qui permettait de porter à dix-mois la durée de rétention administrative d’étrangers expulsés pour des activités à caractère terroriste après avoir purgé leur peine1 . La rétention administrative pendant une telle durée pouvant être considérée comme ayant un caractère pénal, cette disposition revenait ni plus ni moins à autoriser l’administration, le préfet,… sans contrôle juridique, à prononcer une sanction pénale. Cela donne une idée du ton et l’esprit qui ont présidé à l’élaboration de cette loi.

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  1. Tout en conservant néanmoins la possibilité de maintien de six mois en rétention contre 45 jour pour les autres étrangers. []