En France, dans le monde
« Vive la symbiose des cultures », par Edgar Morin
8/02/12
Je partage avec vous cette tribune d’Edgar Morin, sociologue et philosophe, parue dans Le Monde, en réaction aux propos scandaleux de Claude Guéant. Comme toujours, c’est très instructif !
Chaque culture a ses vertus, ses vices, ses savoirs, ses arts de vivre, ses erreurs, ses illusions. Il est plus important, à l’ère planétaire qui est la nôtre, d’aspirer, dans chaque nation, à intégrer ce que les autres ont de meilleur, et à chercher la symbiose du meilleur de toutes les cultures
La France doit être considérée dans son histoire non seulement selon les idéaux de Liberté-Egalité-Fraternité promulgués par sa Révolution, mai aussi selon le comportement d’une puissance, qui, comme ses voisins européens, a pratiqué pendant des siècles l’esclavage de masse, a dans sa colonisation opprimé des peuples et dénié leurs aspirations à l’émancipation. Il y a une barbarie européenne dont la culture a produit le colonialisme et les totalitarismes fascistes, nazis, communistes. On doit considérer une culture non seulement selon ses nobles idéaux, mais aussi selon sa façon de camoufler sa barbarie sous ces idéaux.
Nous pouvons tirer fierté du courant autocritique minoritaire de notre culture, de Montaigne à Lévi-Strauss en passant par Montesquieu, qui a non seulement dénoncé la barbarie de la conquête des Amériques, mais aussi la barbarie d’une pensée qui « appelle barbares les peuples d’autres civilisations » (Montaigne).
Fermetures de classes : L’effet papillon des décisions des députés de droite aujourd’hui silencieux
8/02/12

Samedi 11 février à 11h, place de la Révolution à Besançon : manifestation "Non à l'élevage en batterie" par le Collectif des parents et enseignants en colère
La carte scolaire est actuellement en débat dans notre académie. A Besançon et dans son agglomération, elle se traduit, cette année encore, par de très nombreuses fermetures de classes envisagées. Montferrand-le-Château/Thoraise, Saône, Avanne-Aveney, Nancray, Gennes, Besançon, Roche-lez-Beappré… : les exemples sont nombreux et les parents d’élèves se mobilisent à juste titre pour défendre non pas les enseignants, mais la qualité et les conditions d’éducation de leurs enfants.
Aujourd’hui, je veux redire ma grande inquiétude devant cette situation préoccupante et assurer les parents d’élèves, les enseignants et les élus mobilisés de mon soutien.
Dans l’académie, il est prévu 28 fermetures de classes et 22 fermetures éventuelles (en fonction des comptages à la rentrée), 2 postes TICE (informatique), 19 postes RASED (pour les élèves en difficulté), 16 remplaçants, 17,5 postes pour les langues en moins ! Dans le même temps, seulement 19 ouvertures fermes de classes et 12 autres éventuelles après comptage…
En 5 ans, l’Éducation nationale a perdu 80 000 postes. Avec toutes ces fermetures de classes, voilà la traduction concrète, sur le terrain, des décisions prises depuis 2007 par le Président de la République et le gouvernement, avec le soutien plein et entier des députés de droite, dont les deux députés de Besançon et son agglomération.
Aujourd’hui, qu’ont à répondre Mme Branget et M. Grosperrin, qui restent silencieux, aux protestations des parents ? C’est l’effet papillon des décisions injustes votées à l’Assemblée nationale dans le cadre de la RGPP (révision générale des politiques publiques) et des budgets.
Inspection du travail : lettre de soutien aux personnels
7/02/12
Ce mardi 7 février, les organisations syndicales des DIRECCTE (Directions régionales des entreprises, de la consommation, de la concurrence, du travail et de l’emploi) ont appelé à des rassemblements suite au suicide de leur collègue inspecteur du travail, Romain Lecoustre, à Arras, le 18 janvier dernier.
Un rassemblement a eu lieu à 13h30, place Jean-Cornet à Besançon, devant les locaux de la DIRECCTE.
Très sensible aux conditions de travail et à la souffrance au travail, j’ai souhaité m’associer à cette mobilisation légitime.
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« Mesdames, Messieurs les inspecteurs et contrôleurs du travail,
C’est avec tristesse que j’ai pris connaissance du suicide de votre collègue Romain Lecoustre, le 18 janvier dernier, à Arras. J’ai également éprouvé une profonde colère et un sentiment d’incompréhension.
Tristesse car il s’agit de la mort d’un homme sensible, courageux, doué, engagé dans son travail, qui laisse sa famille et ses amis dans la douleur.
Colère et incompréhension parce que je relève que son administration, qui plus est l’administration en charge même des problèmes de souffrance au travail, semble s’être montrée négligente. Je relève que tant individuellement pour les cas de vos collègues Romain et Luc que collectivement, pour vous-mêmes, contrôleurs et inspecteurs du travail, il n’y a pas eu de réponses à la mesure de la gravité de la situation.
J’ai lu qu’elle avait mis en place une cellule de soutien psychologique auprès des collègues de Romain et qu’elle avait engagé une enquête pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Ces mesures nécessaires peuvent paraître un peu dérisoires. Tout se passe comme si l’on n’apprenait rien. A France-Telecom, il y a deux ans, on a procédé sensiblement de la même manière. Cela est d’autant plus révoltant que le problème de la souffrance psychologique au travail n’est pas un sujet nouveau.
« Toutes les civilisations ne se valent pas » ?
6/02/12
« Toutes les civilisations ne se valent pas » a déclaré samedi le Ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, lors d’un colloque organisé par l’Uni (le syndicat étudiant de droite).
Tout le week-end, certains ont tenté de nous faire entendre que la phrase était sortie de son contexte, qu’il ne s’agissait que d’un mot malheureux et que M. Guéant voulait en réalité relever que tous les régimes politiques ne se valaient pas. Il m’a semblé également percevoir une sorte de « résignation ». Il est vrai que Monsieur Guéant n’en est plus à son coup d’essai.
Et puis, dans 80 jours, on aura la possibilité de sanctionner par le vote ce gouvernement. Un tel raisonnement peut nous amener à relativiser ce nouveau scandale et à considérer qu’il ne nécessite pas un soulèvement citoyen.
Pourtant, personnellement, je crois qu’il importe de ne pas minimiser la portée de cette déclaration et de la condamner très fermement. D’autant que, interrogé hier par les journalistes de RTL, M. Guéant a persisté dans ses propos, confirmant la thèse d’une véritable stratégie politique et d’une conviction assumée. De ces deux points de vue, la déclaration est particulièrement grave.
Hiérarchiser les civilisations à des fins électoralistes, pour recueillir quelques voix du Front national et réduire le débat politique à une différenciation fausse et hypocrite entre idéalistes de gauche et patriotes de droite, n’est pas une stratégie politique honorable.
Oui, la gauche défend l’égalité entre tous les Hommes et toutes les civilisations. Nous ne prétendons pas en avoir l’apanage, mais la remise en cause de M. Guéant se fait attendre. De plus, il ne s’agit pas seulement d’idéal, ni même de valeur, c’est également le droit que nous défendons.
Lettre ouverte
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Ministre de l’Intérieur, Claude Guéant,
Messieurs et Mesdames les Ministres du gouvernement Fillon,La Constitution française de 1958, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 et la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme de 1950 garantissent l’égalité entre tous les hommes. Et cette égalité a une vocation universaliste.
Appliquer uniquement l’égalité à l’échelle d’une civilisation, c’est bafouer notre constitution et c’est bafouer nos engagements internationaux.
Nous sommes pourtant dans un état de droit et vous êtes soumis au respect de ces règles. Vous êtes aujourd’hui des délinquants de la République et vous voudriez nous faire croire que vous protégez la France.
Mais encore au-delà de la gravité de l’irrespect du droit, vos propos mettent en danger la paix sociale au sein de notre pays. Vous assumez aujourd’hui une politique d’infériorité de certaines civilisations. Demain peut-être, vous évoquerez la supériorité d’une religion sur une autre.
Or, considérer que certaines civilisations valent mieux que d’autres mène au mépris de ces dernières et dresse les populations les unes contre les autres. Monsieur Guéant, aucun contexte ne peut justifier votre déclaration. Vous avez déshonoré la République et la Démocratie.
Barbara Romagnan
Nouvelles suppressions de postes envisagées
30/01/12
Monsieur le Ministre de l’Education nationale,
Monsieur le Recteur d’académie,
Madame l’Inspectrice d’académie,
Vous êtes sur le point d’adopter la carte scolaire du Doubs pour l’année 2012-2013. Vous envisagez une création de 6 postes supplémentaires pour répondre à une augmentation prévue de 407 élèves. Vous avez déterminé que 67 écoles étaient susceptibles de subir une fermeture de classe. Vous vous préparez à supprimer 14 postes d’intervenants extérieurs dans les langues vivantes et vous vous apprêtez à fermer 41 postes hors-classe (postes RASED, postes de remplacements, décharges de direction, animateurs TICS, conseillers pédagogiques, maîtres formateurs).
Pourtant vous continuez à assurer, en conformité avec le projet académique 2011-2014, que vous favorisez la réussite, l’émancipation, l’accompagnement de chaque élève en prenant en compte ses particularités.
Mais comment pouvez-vous affirmer que tels sont encore vos objectifs, alors que face à des classes d’ores et déjà surchargées, vous supprimez des professeurs ; alors que face à des remplacements très insuffisants, vous supprimez le nombre de remplaçants ; alors que face au besoin croissant de prise en charge individuelle, vous supprimez du personnel spécialisé.
Vous ne pouvez pourtant ignorer les difficultés que rencontre quotidiennement l’ensemble des acteurs des écoles de l’académie. Vous en avez eu connaissance. Vous ne pouvez pas ignorer non plus les conséquences de l’insuffisance des moyens humains que l’on impose au sein des écoles.
Vous entendrez, je l’espère, les profondes inquiétudes et les revendications de tous ceux qui se mobiliseront aujourd’hui et demain devant l’inspection académique du Doubs et aux quatre coins de la France pour défendre une école, qui offre les conditions de réussite et de développement de chaque enfant et qui tendent pleinement à l’Egalité des chances.
Ecole en danger : Rosemont-Pesty, mon courrier au Recteur
28/01/12
Aujourd’hui, des parents d’élèves, des enseignants, des citoyens sont mobilisés pour la défense de leur école et de ce fait pour la qualité de l’éducation de façon plus générale.
Voici le courrier que je viens d’adresser au Recteur de l’Académie de Besançon, en soutien aux revendication des enseignants et des parents de l’école Rosement-Pesty.
Monsieur le Recteur d’Académie,
Je m’adresse à vous, à travers ce courrier, afin de solliciter toute votre attention quant à la menace de suppression de postes qui pèse sur l’Ecole Rosemont-Pesty.
Au delà de sa fonction première d’éducation, cet établissement situé au coeur du quartier Pesty, réhabilité avec succès, joue un rôle primordial de développement et de cohésion et bénéficie d’une véritable mixité sociale.
Or, pour être un vecteur de progrès et répondre aux objectifs éducatifs, que visent le projet académique 2011-2014, de réussite et d’accompagnement de chaque élève en prenant en compte ses particularités, cette école a besoin des ressources humaines adaptées et suffisantes. D’autant que chaque année, cet établissement accueille de nombreux enfants du voyage, qui sont intégrés dans les classes selon leur âge et leur niveau.
Pourtant, il est envisagé de fermer, très prochainement, une classe et de supprimer un poste appartenant aux réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED). C’est pourquoi, je partage aujourd’hui l’ensemble des profondes inquiétudes dont m’ont fait part les parents d’élèves, qui m’ont alertée d’un tel projet.
Alors qu’à la rentrée 2011, l’équipe pédagogique a déjà été sensiblement réduite par la perte d’un poste RASED et d’un emploi de vie scolaire, une nouvelle suppression de poste sera indéniablement très lourde de conséquences.
Le rassemblement du Bourget : un élan vers le changement
23/01/12
Ce dimanche après-midi, François Hollande a prononcé son premier grand discours de campagne au Bourget, en Seine-Saint-Denis, devant plus de 25 000 personnes. Même si le public était, certes, acquis, tout le monde a constaté le souffle et l’élan mobilisateur de cette intervention.
Il a fixé des objectifs, esquissé le chemin pour les atteindre, réaffirmé des valeurs, pris des engagements, présenté des manières de faire et de se comporter. La droite pourra bien ironiser sur le caractère général de son intervention, il n’en reste pas moins que tout le distingue de la majorité en place.
François Hollande s’est clairement situé dans le temps de l’histoire de la gauche, du progrès et de la république. L’égalité et la justice est un axe fort de son programme avec la nécessité d’en finir avec les privilèges de quelques uns, d’avancer résolument vers le partage du pouvoir, le respect des plus fragiles (les enfants, les précaires, les étrangers, les chômeurs), tant de principes particulièrement mis à mal durant ce quinquennat. La lutte contre la domination de la finance – son « véritable adversaire » – constitue un autre point fort de son intervention avec l’annonce de mesures précises comme la suppression des stock-options, l’encadrement des bonus ou la taxe européenne sur les transactions financières. « La réindustrialisation de la France » est une priorité de François Hollande qui annonce la création « d’une banque publique d’investissement » et un livret d’épargne pour les petites entreprises.
La droite reprochait à François Hollande de rester dans le flou et le meeting du Bourget ne devait pas aborder le détail du programme. C’est pourtant bien l’esquisse d’un programme clairement de gauche qui a été présenté avec certaines mesures que je retiens plus particulièrement (en désordre…) :
- Encadrement des loyers là où les prix sont manifestement excessifs et multiplication par 5 des sanctions envers les communes qui ne respectent pas le minimum de 20 % de logements sociaux sur leur territoire.
- Retraite à 60 ans à taux plein pour ceux qui ont déjà cotisé 41 ans.
- Accession au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels.
- Droit de vote des étrangers aux élections locales.
- Non-cumul des mandats pour les parlementaires.
- 60 000 postes dans l’éducation nationale (enseignants, surveillants, infirmiers) avec une priorité à l’école maternelle. La révision des rythmes scolaires. La diminution de moitié des jeunes sortant du système éducatif sans diplôme ni formation.
- Création d’une tranche d’imposition supplémentaire à 45 % pour ceux qui touchent plus de 150 000 euros par an.
- Suppression des niches fiscales accordées aux ménages aisés et aux grandes entreprises.
- Retrait des troupes françaises d’Afghanistan.
- Proposition d’un nouveau traité franco-allemand en faveur de la croissance et de grands travaux.
Chacun aura, bien sûr, ses réserves ou sera en désaccord sur certaines propositions. Par exemple, je pense que son propos fait la part beaucoup trop belle au nucléaire face aux énergies renouvelables. De même, la non augmentation du nombre de fonctionnaires après toutes les suppressions de postes auxquelles nous avons assistés me semble une limite sérieuse à l’atteinte des objectifs fixés. Mais il faut bien reconnaître que si le quinquennat qui vient voyait se réaliser toutes ces propositions, le visage de la France changerait profondément et la vie de ses habitants en serait grandement améliorée. François Hollande, dans sa première grande intervention, donne un cuisant démenti à ceux qui doutaient de lui.
Au Bourget, la campagne commence avec un bel élan !
Nous attendons désormais le programme détaillé pour ce jeudi 26 janvier et j’espère avoir l’occasion d’échanger avec vous à l’occasion des réunions que je tiendrai dans les communes de la première circonscription (cantons d’Audeux, de Boussières, de Quingey, et Besançon).
Je vous convie également, d’ores et déjà, à un meeting avec Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, jeudi 23 février, à 20h.
Le coût du logement
15/01/12
Ce samedi des locataires de Planoise ont manifesté contre l’augmentation du coût de leur logement. N’ayant pu me rendre à cette mobilisation voici le courrier que je leur ai adressé :
« Vous allez à nouveau manifester ce samedi 14 janvier pour demander l’arrêt des hausses de loyer et de charges et pour limiter leur augmentation à 10 % en cas de rénovation, et plus localement, pour une annulation du rappel de charge 2009 pour Habitat 25.
Je n’ai, malheureusement, pas les moyens de répondre aux problèmes que vous soulevez et que vous vivez dans l’immédiat et votre mobilisation à ce sujet m’apparaît tout à fait légitime. Puisque je ne pourrai pas être présente à vos côtés à cette occasion, je souhaite par cette lettre vous donner mon point de vue sur cette situation.
La politique du logement conduite par l’État est aujourd’hui particulièrement défavorable aux offices HLM. Le budget national du logement d’environ 37 milliards d’euros, avait jusqu’alors pour priorité le logement public, le logement social. Ce n’est hélas plus le cas actuellement.
Le gouvernement a inversé cette priorité. Celle-ci est maintenant clairement en faveur du logement privé. Alors que 70 % du budget était consacré au logement public, aujourd’hui, nous n’en sommes plus qu’à 32 %, alors que 35 % est consacrée au locatif privé et 33 % aux propriétaires occupants. C’est donc 70 % de ce budget qui est désormais consacré au logement privé.
Parallèlement à ce retournement, on assiste à un sévère désengagement de l’État. Entre 2008 et 2011, les crédits d’aide à la construction sont passés de 800 à 473 millions d’euros (- 40 %) en application de la loi de programmation financière triennale votée par vos députés actuels.
Vous subissez ainsi largement les effets de cette politique antisociale du gouvernement, car les ressources des offices HLM sont, plus que jamais, presque réduites aux loyers que vous versez.
Conseillère générale et, à ce titre, administratrice d’Habitat 25, j’ai cherché, avec les autres membres du Conseil d’Administration, à faire en sorte que les hausses de loyer soient les plus contenues possibles, que la nouvelle charte de réhabilitation vous accorde la place qui est la vôtre en donnant le dernier mot aux locataires, que les logements rénovés ou nouveaux permettent des économies de charges, tout en permettant l’entretien du parc de logement pour vous et pour ceux qui vous succèderont.
J’ai bien conscience de la limite de mon courrier. Néanmoins, sachant que certains d’entre vous vivent des situations financières vraiment difficiles et parce que la préservation de votre niveau de vie m’importe, je tenais à vous dire que je comprends votre mobilisation et que j’en suis solidaire.
Barbara Romagnan
Conseillère générale du canton de Besancon-Planoise
Administratrice d’Habitat 25
Quotient familial : à lire
14/01/12
Dans la suite du débat sur l’évolution du quotient familial et de ma position que j’ai relayée ici, je vous invite à lire un article très intéressant que j’ai découvert sur le site d’Alternatives économiques.
Il s’agit de « Crédit d’impôt plutôt que quotient familial : une sacrée bonne idée ! », de Denis Clerc, économiste et fondateur d’Alternatives économiques. Il apporte un éclairage précieux sur les alternatives possibles au quotient familial, qui ne seraient en rien un frein à la natalité et avantagerait les familles modestes.
La réforme du quotient familial : une question de justice
12/01/12
L’annonce par François Hollande de sa volonté de remanier le quotient familial vient de déclencher les foudres de l’UMP et les commentaires ironiques de nombreux commentateurs. M. Sarkozy n’hésite pas à qualifier cette proposition de « folie ». Même si les modalités de cette réforme mériteraient d’être précisées, en quoi serait-elle scandaleuse ? Est-il anormal de vouloir mettre plus de justice dans un système injuste ?
En effet, il me semble utile de rappeler que, d’après le rapport de mai 2011 du Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), 10 % des foyers les plus aisés bénéficient de 46 % de l’avantage fiscal, tandis que les 50 % les plus pauvres n’en bénéficient qu’à hauteur de 10 % !. François Hollande, candidat de gauche qui fait de la justice fiscale un élément central de son programme, propose donc très logiquement de le « moduler ».
Redonner plus à ceux qui en ont le plus besoin, non seulement ne me paraît pas scandaleux mais me semble le principe même d’une politique de gauche.
Le Chef de l’État annonce que cette mesure « aurait des conséquences absolument dramatiques pour la politique familiale de la nation ». Si le quotient familial créé à la fin de la guerre avait, en effet, l’objectif de favoriser la démographie, peut-on sérieusement penser que cela est aujourd’hui encore le cas ? La priorité de la politique familiale réside aujourd’hui davantage dans l’égalité entre les enfants, entre les parents, entre les hommes et les femmes, dans la conciliation des vies familiale et professionnelle, dans la qualité de l’éducation et en particulier des services d’accueil de la petite enfance (essentiels si l’on veut s’attaquer à la source des futures inégalités scolaires et sociales)…


