Dans les médias
« Vive la symbiose des cultures », par Edgar Morin
8/02/12
Je partage avec vous cette tribune d’Edgar Morin, sociologue et philosophe, parue dans Le Monde, en réaction aux propos scandaleux de Claude Guéant. Comme toujours, c’est très instructif !
Chaque culture a ses vertus, ses vices, ses savoirs, ses arts de vivre, ses erreurs, ses illusions. Il est plus important, à l’ère planétaire qui est la nôtre, d’aspirer, dans chaque nation, à intégrer ce que les autres ont de meilleur, et à chercher la symbiose du meilleur de toutes les cultures
La France doit être considérée dans son histoire non seulement selon les idéaux de Liberté-Egalité-Fraternité promulgués par sa Révolution, mai aussi selon le comportement d’une puissance, qui, comme ses voisins européens, a pratiqué pendant des siècles l’esclavage de masse, a dans sa colonisation opprimé des peuples et dénié leurs aspirations à l’émancipation. Il y a une barbarie européenne dont la culture a produit le colonialisme et les totalitarismes fascistes, nazis, communistes. On doit considérer une culture non seulement selon ses nobles idéaux, mais aussi selon sa façon de camoufler sa barbarie sous ces idéaux.
Nous pouvons tirer fierté du courant autocritique minoritaire de notre culture, de Montaigne à Lévi-Strauss en passant par Montesquieu, qui a non seulement dénoncé la barbarie de la conquête des Amériques, mais aussi la barbarie d’une pensée qui « appelle barbares les peuples d’autres civilisations » (Montaigne).
« L’observation a conforté nos recherches et notre théorie » / Hubert Montagner
23/05/11
Invité la semaine dernière pour la table ronde que j’ai organisée autour de la petite enfance, Hubert Montagner a répondu aux questions de L’Est Républicain, tout comme Sylviane Giampino, le lundi précédent.
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Arrivé à Besançon comme maître de conférence en 1968, Hubert Montagner est resté 19 ans à la fac de sciences où il a notamment participé à la création du laboratoire de psycho-physiologie. Il y a mené des recherches qui ont bouleversé le regard sur la petite enfance. Invité mardi dernier par Barbara Romagnan pour une conférence débat avec la psychologue Sylviane Giampino, il s’est rendu mercredi à la crèche de l’Antenne petite enfance de la Maison de la famille créée il y a 27 ans à partir de ses travaux théoriques.
La reconnaissez-vous ?
Oui… Je ne l’ai pas revue depuis 3 ou 4 ans. Il y a sans arrêt des améliorations, dont le lieu d’accueil. Les enfants doivent s’y sentir rassurés, apaisés, mais aussi les parents : c’est important qu’ils puissent accompagner l’enfant dans le lieu…
N’est-ce pas toujours le cas ?
Il arrive que les parents n’y aillent pas… On n’attache pas assez d’importance à l’accueil. Il est important de dépasser les conflits éventuels, les frustrations, les colères… Cela doit s’apaiser en arrivant à la crèche.
Comment avez-vous contribué à la création du lieu ?
À partir de nos recherches, avec Yvette Durin, conseillère pédagogique, Mme Ménétrier, Pierre Burtel, responsable du CCAS de Vesoul… C’était un lieu répondant à un besoin. La petite enfance a besoin de sécurité affective, de sommeil, de liberté d’exploration, de découverte, de transformation des objets.
Toutes les crêches ne sont-elles pas ainsi ?
Il faut encore convaincre de l’importance des besoins des enfants. On se focalise souvent sur l’alimentation, la propreté, les soins corporels et tout cela est assuré. Mais ici, le lieu de sommeil qui est un cocon se prêtant à l’endormissement, au rêve, chaque enfant peut s’endormir à côté de l’enfant qu’il veut…
Hubert Montagner, sur France 3 Franche-Comté ce mardi à 12h
17/05/11
Hubert Montagner, que j’ai invité ce 17 mai au Centre Nelson Mandela pour débattre avec nous de la question de la petite enfance et des inégalités sociales, était l’invité du journal de France 3 Franche-Comté ce mardi à 12h.
Cliquez sur l’image pour revoir l’interview (à 5:25′)
Docteur ès sciences, professeur des universités en retraite, ancien directeur de recherche à l’INSERM, ancien directeur de l’Unité “Enfance Inadaptée”, Hubert Montagner est spécialiste du développement, des comportements et des rythmes de l’enfant. Durant toute sa carrière, il s’est battu pour faire connaître les besoins des enfants en termes de santé, d’environnement, d’accueil en crèche, de scolarité… Il a publié récemment L’arbre enfant. Une nouvelle approche de l’enfant.
Le Monde / A la ville, à la campagne, deux élus racontent leur mission de conseiller général
16/03/11
Invitée de France 3 Franche-Comté
19/12/10
Je serai l’invitée du journal de France 3 Franche-Comté ce dimanche 19 décembre à 19h, afin notamment de commenter l’actualité de la semaine.
Le Monde / « Non cumul : l’exemplarité morale peut être politiquement efficace, par Barbara Romagnan »
4/06/10
Voici la tribune que j'ai signée, parue dans Le Monde du 3 juin 2010.
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A propos du cumul des mandats, le débat engagé entre les sénateurs socialistes et Martine Aubry semble opposer efficacité électorale et exemplarité morale. Il arrive quelques mois après que les militants socialistes ont débattu, puis voté à 71 % l'application de la règle du cumul à partir de 2011. Au moment de ce vote, le 1er octobre 2009, le calendrier des élections cantonales et sénatoriales de 2011 était connu, comme la perspective d'un éventuel basculement à gauche du Sénat. Tous ont voté en connaissance de cause.
Or, à quelques semaines de la convention nationale sur la modernisation du Parti socialiste, les sénateurs semblent vouloir revenir sur ce choix. Leur argument est fort : s'appliquer de façon unilatérale la règle du non-cumul lors de cette échéance interdirait à la gauche la possibilité d'une conquête "historique" du Sénat. Au nom de l'efficacité, il faudrait différer une nouvelle fois, l'application de la règle "morale" que le parti s'est librement fixée. Qu'en est-il réellement ?
Le Sénat étant l'expression des collectivités locales, pour être élu, il est donc préférable d'avoir l'expérience d'un mandat local. En revanche, une fois élu, en quoi le cumul de deux mandats dans des collectivités différentes est-il gage de compétence et d'efficacité ? Le travail d'un sénateur ne nécessite-t-il pas en lui-même une implication exclusive dans le cadre d'un mandat clairement identifié ?
Certes, certains "grands élus" sont en même temps de remarquables et talentueux parlementaires et d'honnêtes responsables d'exécutifs locaux. Mais n'est-il pas plus logique, sinon démocratique, de penser que deux mandats seraient mieux exercés par deux personnes différentes travaillant en bonne intelligence que par une seule ?
Concentration des risques
Enfin, l'argument traditionnel du cumul comme atout puissant de réussite électorale reste à vérifier. Cette pratique très répandue au sein du PS ne lui a pas permis jusqu'ici de revenir au pouvoir au niveau national. C'est là que l'exemplarité morale peut rejoindre l'efficacité électorale.
Que se passera-t-il si l'on repousse une fois de plus l'application de la règle du non-cumul ? Le PS gagnera peut-être des sièges au Sénat, peut-être même pourrait-il le gagner. Mais, au-delà, ce qui apparaît encore plus probable, c'est le risque que le PS perde les élections suivantes. En effet, quelle crédibilité les électeurs, et les abstentionnistes, accorderaient-ils à un parti et à des élus qui s'exonéreraient des règles qu'ils se sont eux-mêmes données, approuvées très largement par les militants et considérées comme prioritaires pour moderniser et renouveler la vie démocratique. Comme si la parole publique et les politiques n'étaient pas déjà suffisamment décriés !
Pour le PS, il y a plus à perdre que la conquête du Sénat : sa crédibilité à l'égard des citoyens et la valeur morale de son message politique. Si les militants PS (dont les élus tirent leur légitimité) sont très largement opposés au cumul des mandats, ce n'est pas par ignorance ou mépris de l'efficacité électorale, c'est parce que c'est une pratique qui n'est ni démocratique ni de gauche.
Le cumul est un empilement de pouvoirs dans les mains de quelques-uns, alors que le principe de base du socialisme est le partage de ces mêmes pouvoirs. Le cumul affaiblit la participation démocratique à la vie politique et hypothèque son renouvellement. Enfin, le cumul va à l'encontre de l'efficacité, car, en concentrant les responsabilités sur les mêmes personnes, non seulement il exclut certains de ces responsabilités, mais il concentre les risques de mal les assurer et fragilise la collectivité publique.
La crise actuelle nous oblige dans ce domaine aussi à penser au-delà du court terme des échéances électorales prochaines. Redonner du sens et du crédit à l'action politique est une priorité. Mettre en conformité les paroles et les actes est aujourd'hui, en plus d'être moralement souhaitable, peut-être politiquement efficace. Cela vaut la peine d'essayer !
Barbara Romagnan est conseillère générale PS du Doubs.
Tribune : Et si on commençait par le mandat unique !
4/09/09
Voici le texte de la Tribune que j'ai rédigée sur le mandat unique suite à l'Université d'été du Parti socialiste à La Rochelle.
Elle a été publiée sur :
Le discours de Martine Aubry à La Rochelle est encourageant, en particulier sa prise de position sur le mandat unique, outil essentiel de la rénovation du Parti socialiste et de la vie politique française, où 85 % des députés et sénateurs détiennent un autre mandat électif. Cette décision est courageuse lorsqu’on connaît la pesanteur et la frilosité de certains sur cette question. En revanche, je m’inquiète du fait qu’elle propose que cela ne s’applique qu’après les élections régionales. N’y a-t-il pas le risque une nouvelle fois d’annoncer des propositions novatrices et de toujours de différer leur mise en œuvre ? N’y a-t-il pas le risque de renforcer ainsi le décalage entre les paroles et les actes, qui participe largement du discrédit des politiques ?
Non-cumul, ici et maintenant
30/06/08
Nous entrons en congrès. Le Congrès du Parti socialiste sert à déterminer la ligne politique qui va nous guider durant les années qui viennent. Il sert aussi à désigner ceux et celles qui porteront ce projet qui doit nous permettre d’emporter les échéances électorales à venir, en particulier l’élection présidentielle qui doit se tenir en 2012. Cela, afin que nous soyons à même de transformer la société.
On se plait à rappeler, plus ou moins sincèrement, que c’est le projet qui est le plus important, même si la question de « qui le porte » est également cruciale. Si je partage cette hiérarchie, je pense néanmoins que nous oublions un éléments central, qui est celui de notre crédibilité. En effet, ce qu’on appelle la crise politique, qu’elle se manifeste sous la forme des critiques populaires, de l’abstention, du vote pour les partis qui contestent le système, est patente.
Les citoyens pensent de moins en moins que nous sommes susceptibles de changer leur vie, pensant que la mondialisation, l’économie, rendent nos marges de manœuvre trop faibles. Ils pensent que nous n’en sommes pas capables ou que c’est impossible. En outre, pour beaucoup, ils ne nous croient plus tout simplement. Ils pensent qu’on leur ment. Ils n’ont pas confiance en nous. Que ce sentiment soit fondé ou pas, n’en rend pas la méfiance moins grande.
Ils n’ont pas confiance en nous parce qu’ils ne se reconnaissent pas en nous (1) et parfois aussi, il faut bien le dire, parce que nous ne faisons pas ce que nous disons (2).
Pour qu’ils aient une chance de se reconnaître en nous, il faut que nous leur ressemblions davantage. Cela passe par un renouvellement du personnel politique. Pour ce renouvellement, la limitation stricte du cumul des mandats est un moyen. (1) Le non-cumul est également un objectif en lui-même (2). En cela, il est la condition nécessaire et non suffisante pour que nous retrouvions de la crédibilité auprès de nos concitoyens pour qu’ils puissent nous faire davantage confiance. En effet, pour être crédible, il faut en finir avec l’accumulation du pouvoir dans les mains de quelques uns, pendant des décennies, sur plusieurs mandats (3).




