Jeudi 22 mai, j’ai assisté à l’assemblée générale de la Banque alimentaire (BA). Cela a été l’occasion d’un retour sur l’année écoulée fait par le président Claude Koestler, dans le cadre de son rapport moral. Il a rappelé ce qui a fait les hauts et les bas des 12 derniers mois. Les bas étant d’abord ceux qui ont pesé toute l’année sur les approvisionnements et ceux venant de la situation économique et sociale qui accroit sans cesse les besoins. Mais cela a pu être compensé par le développement de la couverture géographique de la banque alimentaire et l’amélioration du fonctionnement.

Face à l’augmentation des besoins, les bénévoles et salariés de la BA ont constaté des difficultés de plus en plus importantes pour assurer l’approvisionnement. D’abord, parce que la rationalisation de la gestion de certains magasins a permis de réduire les gaspillages, ce qui est positif. Ensuite, parce que la conjoncture économique et sociale, en diminuant la consommation, a atteint le modèle économique des magasins. Enfin, parce que les modes de consommation ont changé. Le développement des drives diminue les stocks notamment.

Pour y faire face, les membres de la BA ont dû trouver de nouvelles sources d’approvisionnement en magasin et en restauration collective, ce qui a un coût. Le président est également revenu sur la transformation du PEAD (programme européen d’aide aux plus démunis) en FEAD (fonds européen d’aide aux plus démunis). L’aide européenne a bien été préservée pour 6 ans, notamment grâce une action très offensive du Gouvernement français par les voix de Stephane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de Marie-Arlette Carlotti, alors ministre déléguée en charge de la Lutte contre l’Exclusion, et des parlementaires européens. Mais il faudra rester vigilant au-delà de ces 6 ans. Il faut noter également que la mise est œuvre est délicate et contraignante. L’annonce que les produits européens ne pouvaient être disponibles qu’à l’automne et non au printemps comme auparavant a obligé à l’organisation d’une collecte supplémentaire en avril pour éviter la rupture d’approvisionnement.

Par ailleurs, l’une des difficultés rencontrée actuellement vient du fait que les aides européennes du FEAD doivent se traduire sur le terrain par une absolue gratuité des produits délivrés aux bénéficiaires. De fait, cela remet  en cause la nature même de l’expérience innovante des épiceries sociales, où le fait de payer une modique participation fait partie du travail d’insertion. Heureusement, en France, l’État a décidé de créer un fonds spécial pour compenser l’absence d’aide européenne à ces épiceries sociales.