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Benoît Hamon devant la Mutualité française : retour sur sa politique de santé

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Mardi 21 février, Benoît Hamon détaillait à la Mutualité française les grands axes de son programme en matière de santé. Ce programme s’appuie sur un constat simple, celui des mutations que la situation sanitaire française connait et a connu. Les propositions portées par Benoît Hamon s’attachent donc à permettre l’adaptation de notre système de santé – l’un des plus performants au monde – aux besoins actuels des français.e.s et en particulier des plus modestes d’entre eux.

Benoît Hamon a ainsi développé ses axes prioritaires d’action en matière sanitaire, au premier rang desquels la nécessité d’adapter notre modèle de soin à la mutation des maladies qui sont aujourd’hui majoritaires. En effet, 60 % de la mortalité mondiale est aujourd’hui due à des maladies chroniques et non plus des maladies infectieuses. Par ailleurs, notre système de soin est inadapté au développement des maladies chroniques, qui ne nécessitent pas des soins ponctuels et limités dans le temps mais un suivi dans la durée. Or notre système de soin dans son organisation actuelle contraint les personnes malades à se déplacer vers les compétences de santé quand ce devrait être les compétences de santé qui aillent à eux, a fortiori lorsqu’ils sont en situation de fragilité. Ces mutations profonde des besoins en matière de santé impliquent donc de modifier notre approche et justifient de mettre en œuvre une transition épidémiologique afin d’intégrer la spécificité de ce changement.

Benoît Hamon a également évoqué la nécessité d’envisager la question de la santé sous l’angle de la bonne santé et non plus seulement de la maladie. Pour promouvoir la bonne santé, cette approche implique de mettre l’accent sur les modes de vie qui peuvent, suivant les comportements, favoriser ou ne pas favoriser l’apparition de maladies. Ceci concerne notamment la lutte contre les addictions via des politiques préventives, la lutte contre les perturbateurs endocriniens, celle contre les particules fines. D’autres leviers sont également à disposition des acteurs du système de soin ; ces leviers intègrent le champ de la santé tout en faisant partie du quotidien et des habitudes de vie : c’est notamment la question de la sédentarité, dont on sait qu’elle est responsable de certaines maladies sur le long terme. A cet égard, Benoît Hamon évoque la possibilité que la Sécurité sociale prenne en charge une activité physique lorsqu’elle est prescrite par un médecin dans le cadre d’une affection.

Il s’agit donc de modifier l’approche générale des politiques de santé afin de favoriser un état de bonne santé générale grâce au développement d’outils de prévention adéquats, plutôt que de devoir lutter contre des maladies dont certaines peuvent être évitées en adoptant les comportements adaptés.

Accès aux soins

Un autre grand axe de la politique de santé de Benoît Hamon concerne l’accès aux soins. Si certaines politiques de santé semblent adaptées d’un point de vue strictement sanitaire, elles échouent parfois à atteindre ceux qu’elles visent pour des raisons étrangères au soin du même. Cette inadaptation contribue à prolonger l’état de mauvaise santé des personnes et aggrave souvent les inégalités sociales.

Dans cette perspective, Benoît Hamon a défendu le principe de l’automaticité des droits par exemple pour les bénéficiaires de la CMUC, car les démarches pour en bénéficier – démarches administratives notamment – sont difficiles pour beaucoup de personnes et constituent un obstacle à l’accès au soin. Les taux de non-recours parfois élevés sont ainsi responsables d’une dégradation supplémentaire de la santé de ces personnes, et c’est pourquoi l’automaticité des droits constitue une solution concrète pour l’efficacité des politiques de santé.

Renforcer l’accès aux soins signifie également de lutter contre les déserts médicaux. En la matière, Benoît Hamon a répété son opposition au recours à des mesures coercitives qui ne correspondent pas à la réalité des parcours professionnels des médecins. Autrement dit, il ne s’agit pas d’interdire l’installation de nouveaux médecins dans des zones déjà sur-dotées, mais de conditionner leur conventionnement par la Sécurité sociale : les médecins, en tant que professions libérales, conserveront le droit de s’installer sur tout le territoire, mais la Sécurité sociale, en tant qu’instrument de santé publique, ne leur délivrera pas de convention s’ils font le choix d’un territoire déjà suffisamment doté.

La question de l’hôpital

Benoît Hamon a également abordé la question de l’hôpital, en défendant la nécessité d’une réorganisation de son offre de soin. D’une part, la diminution des déserts médicaux soulagera en parties ces établissements qui accueillent aujourd’hui beaucoup de patients qui n’ont pu trouver de médecins libéraux faute d’une offre de soin suffisante. D’autre part, l’automaticité des droits en matière sanitaire permettra aussi d’éviter que les malades ne se tournent vers l’hôpital faute de moyens financiers suffisants. En parallèle de ces observations, Benoît Hamon est revenu sur la tarification à l’activité dite « T2A », dont il a souligné le caractère inadapté pour certaines maladies qui ne nécessitent pas des actes médicaux distincts les uns des autres mais au contraire un suivi continu.

D’autres questions essentielles ont bien sûr trait à la santé, parce qu’elles sont transversales – je pense notamment à celle du vieillissement de la population – et feront l’objet de développement spécifiques.

Ce colloque, qui a permis d’exposer les propositions des différents candidats en matière de santé peut être visionnée sur le site de la Mutualité française. Les autres propositions de Benoît Hamon sont disponibles sur son site internet ainsi que sur le site de la santé candidate, qui compare les offres politiques de tous les candidats.

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