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« Délocaliser n'est pas une fatalité », par Marie Coris (Le Monde)

Je vous propose la lecture de ce « Point de vue » de Marie Coris, chercheuse sur les délocalisations, publié sur Le Monde.fr le 27 février.

Après la « prime à la relocalisation », en 2009, une nouvelle mesure a été annoncée, dimanche 29 janvier, par le chef de l’Etat pour lutter contre les délocalisations : baisser le coût du travail. L’idée est simple : diminution des charges sociales patronales et compensation par une hausse de la TVA (baisse des recettes oblige). Face à l’inefficacité de la mesure prise en 2009 (voir le point de vue d’El Mouhoub Mouhoud, Le Monde du 9 mars 2010), que peut-on attendre de cette proposition ? Au regard des connaissances disponibles sur la question, rien. Et ce d’autant plus que la mesure se fonde sur une idée reçue, celle de la responsabilité seule du coût du travail.

Acceptons temporairement l’hypothèse selon laquelle le coût du travail serait bien responsable des délocalisations et de la désindustrialisation. Dans ce cas, ce n’est certainement pas la mesure annoncée qui modifiera la tendance. La baisse supposée du coût de production en France (induite par la baisse du coût du travail) ne peut absolument pas être suffisante pour compenser les différentiels de coûts du travail, y compris si elle est accompagnée d’une hausse de la TVA sur les produits importés. A moins d’un très sérieux alignement par le bas, d’une précarisation de l’emploi poussée à l’extrême, voire d’un recours aux formes illégales du travail, il n’y a aucun moyen de lutter contre les délocalisations motivées par les différentiels de coût du travail. Ceux-ci sont beaucoup trop importants. La tendance naturelle, c’est l’alignement vers le haut. Progrès social oblige, les salaires augmentent dans les pays dits « low cost », comme en Chine où on a assisté à un triplement du salaire moyen entre 1990 et 2005, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La mesure ne peut qu’être inefficace, mais là n’est pas la question. Inéluctables, les délocalisations ? Pas toujours, car la relation entre désindustrialisation, délocalisation et coût du travail est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

Désindustrialisation et délocalisation ne sont pas synonymes

Les termes de désindustrialisation et de délocalisation ne vont pas de pair. Aucune relation causale n’est clairement établie entre ces deux réalités. Sacrifions au rite actuel pour s’en convaincre : la comparaison avec l’Allemagne. Les délocalisations vers les pays de l’Est sont une donnée structurelle de l’économie allemande. L’Allemagne est l’un des pays qui délocalise le plus, sans pour autant être victime de désindustrialisation. Tout ici est question de politique et de spécialisations industrielles. La faute n’incombe pas aux délocalisations. Allons encore plus loin.

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Interview de Benoît Hamon sur France 3 Franche-Comté

Benoît Hamon, porte parole du Parti socialiste, était dans la 1ère circonscription du Doubs ce jeudi 23 février à mon invitation. Avant notre grande réunion publique à Pouilley-les-Vignes qui a rassemblé plus de 350 personnes autour des propositions de François Hollande, il a accordé une interview à France 3 Franche-Comté. Benoît Hamon à Besançon par F3FrancheComte

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« Quelles réponses à la crise ? », avec Benoît Hamon - 23 février à 20h, Pouilley-les-Vignes

Dans le cadre des élections présidentielles et législatives de ce printemps, j'ai le plaisir de vous convier à une grande réunion publique autour du thème : “Quelles réponses à la crise ?” avec Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste jeudi 23 février à 20h Salle des fêtes de Pouilley-les-Vignes Les Français souffrent dans leur vie quotidienne. Se loger, se soigner est de plus en plus difficile, l’école n’assure pas l’égalité entre les citoyens, le chômage est au plus haut, les jeunes désespèrent de pouvoir trouver leur place dans la société, la hausse des prix et des taxes grève les budgets...…

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« Vive la symbiose des cultures », par Edgar Morin

Je partage avec vous cette tribune d’Edgar Morin, sociologue et philosophe, parue dans Le Monde, en réaction aux propos scandaleux de Claude Guéant. Comme toujours, c’est très instructif !

Edgar Morin

Edgar Morin, sociologue et philosophe

Chaque culture a ses vertus, ses vices, ses savoirs, ses arts de vivre, ses erreurs, ses illusions. Il est plus important, à l’ère planétaire qui est la nôtre, d’aspirer, dans chaque nation, à intégrer ce que les autres ont de meilleur, et à chercher la symbiose du meilleur de toutes les cultures
La France doit être considérée dans son histoire non seulement selon les idéaux de Liberté-Egalité-Fraternité promulgués par sa Révolution, mai aussi selon le comportement d’une puissance, qui, comme ses voisins européens, a pratiqué pendant des siècles l’esclavage de masse, a dans sa colonisation opprimé des peuples et dénié leurs aspirations à l’émancipation. Il y a une barbarie européenne dont la culture a produit le colonialisme et les totalitarismes fascistes, nazis, communistes. On doit considérer une culture non seulement selon ses nobles idéaux, mais aussi selon sa façon de camoufler sa barbarie sous ces idéaux.

Nous pouvons tirer fierté du courant autocritique minoritaire de notre culture, de Montaigne à Lévi-Strauss en passant par Montesquieu, qui a non seulement dénoncé la barbarie de la conquête des Amériques, mais aussi la barbarie d’une pensée qui « appelle barbares les peuples d’autres civilisations » (Montaigne).

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Fermetures de classes : L’effet papillon des décisions des députés de droite aujourd’hui silencieux

Samedi 11 février à 11h, place de la Révolution à Besançon : manifestation "Non à l'élevage en batterie" par le Collectif des parents et enseignants en colère

Samedi 11 février à 11h, place de la Révolution à Besançon : manifestation "Non à l'élevage en batterie" par le Collectif des parents et enseignants en colère

La carte scolaire est actuellement en débat dans notre académie. A Besançon et dans son agglomération, elle se traduit, cette année encore, par de très nombreuses fermetures de classes envisagées. Montferrand-le-Château/Thoraise, Saône, Avanne-Aveney, Nancray, Gennes, Besançon, Roche-lez-Beappré… : les exemples sont nombreux et les parents d’élèves se mobilisent à juste titre pour défendre non pas les enseignants, mais la qualité et les conditions d’éducation de leurs enfants.

Aujourd’hui, je veux redire ma grande inquiétude devant cette situation préoccupante et assurer les parents d’élèves, les enseignants et les élus mobilisés de mon soutien.

Dans l’académie, il est prévu 28 fermetures de classes et 22 fermetures éventuelles (en fonction des comptages à la rentrée), 2 postes TICE (informatique), 19 postes RASED (pour les élèves en difficulté), 16 remplaçants, 17,5 postes pour les langues en moins ! Dans le même temps, seulement 19 ouvertures fermes de classes et 12 autres éventuelles après comptage…

En 5 ans, l’Éducation nationale a perdu 80 000 postes. Avec toutes ces fermetures de classes, voilà la traduction concrète, sur le terrain, des décisions prises depuis 2007 par le Président de la République et le gouvernement, avec le soutien plein et entier des députés de droite, dont les deux députés de Besançon et son agglomération.

Aujourd’hui, qu’ont à répondre Mme Branget et M. Grosperrin, qui restent silencieux, aux protestations des parents ? C’est l’effet papillon des décisions injustes votées à l’Assemblée nationale dans le cadre de la RGPP (révision générale des politiques publiques) et des budgets.

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Inspection du travail : lettre de soutien aux personnels

Ce mardi 7 février, les organisations syndicales des DIRECCTE (Directions régionales des entreprises, de la consommation, de la concurrence, du travail et de l’emploi) ont appelé à des rassemblements suite au suicide de leur collègue inspecteur du travail, Romain Lecoustre, à Arras, le 18 janvier dernier.

Un rassemblement a eu lieu à 13h30, place Jean-Cornet à Besançon, devant les locaux de la DIRECCTE.

Très sensible aux conditions de travail et à la souffrance au travail, j’ai souhaité m’associer à cette mobilisation légitime.

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« Mesdames, Messieurs les inspecteurs et contrôleurs du travail,

C’est avec tristesse que j’ai pris connaissance du suicide de votre collègue Romain Lecoustre, le 18 janvier dernier, à Arras. J’ai également éprouvé une profonde colère et un sentiment d’incompréhension.

Tristesse car il s’agit de la mort d’un homme sensible, courageux, doué, engagé dans son travail, qui laisse sa famille et ses amis dans la douleur.

Colère et incompréhension parce que je relève que son administration, qui plus est l’administration en charge même des problèmes de souffrance au travail, semble s’être montrée négligente. Je relève que tant individuellement pour les cas de vos collègues Romain et Luc que collectivement, pour vous-mêmes, contrôleurs et inspecteurs du travail, il n’y a pas eu de réponses à la mesure de la gravité de la situation.

J’ai lu qu’elle avait mis en place une cellule de soutien psychologique auprès des collègues de Romain et qu’elle avait engagé une enquête pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Ces mesures nécessaires peuvent paraître un peu dérisoires. Tout se passe comme si l’on n’apprenait rien. A France-Telecom, il y a deux ans, on a procédé sensiblement de la même manière. Cela est d’autant plus révoltant que le problème de la souffrance psychologique au travail n’est pas un sujet nouveau.

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« Toutes les civilisations ne se valent pas » ?

« Toutes les civilisations ne se valent pas » a déclaré samedi le Ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, lors d’un colloque organisé par l’Uni (le syndicat étudiant de droite). Tout le week-end, certains ont tenté de nous faire entendre que la phrase était sortie de son contexte, qu’il ne s’agissait que d’un mot malheureux et que M. Guéant voulait en réalité relever que tous les régimes politiques ne se valaient pas. Il m’a semblé également percevoir une sorte de "résignation". Il est vrai que Monsieur Guéant n’en est plus à son coup d’essai. Et puis, dans 80 jours, on aura la possibilité de sanctionner par…

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