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La lettre – Dimanche 13 janvier 2008

A Planoise, à minuit le 31 décembre, les gens ont ouvert leurs fenêtres pour se souhaiter la bonne année les uns aux autres. Ca faisait chaud au coeur, dans le froid de l’hiver. C’est sans doute révélateur d’un état d’esprit des habitants - de certaines habitants - de ce quartier. Un quartier où les gens s’adressent la parole, où ils n’ont pas peur de sonner chez leur voisin pour se faire dépanner d’un litre de lait… un peu comme dans un village sans doute.

J’aimerais que cela soit également annonciateur d’une attitude des gens les uns envers les autres pour l’année qui commence et pour toutes les autres, à Planoise, à Besançon, en France et dans le monde. Annonciateur d’une attitude des pays les uns envers les autres, des plus forts à l’égard de ceux qui ont moins de chance dans la vie, de l’homme envers la nature…

Mais je me rends compte que c’est ce que j’espère tous les ans et on ne peut pas dire que cela change quoi que ce soit. Au risque de « casser l’ambiance » dans cette période de voeux, ce que j’observe dans le monde me révolte, m’anéantit lorsque je suis fatiguée et m’inquiète. Quant à ce qui se passe plus près de nous, dans le Gouvernement de notre pays, cela ne me donne pas vraiment de raisons d’espérer.

Ils disent vouloir réformer les prélèvements obligatoires pour les rendre plus justes et plus efficaces. C’est évidemment nécessaire, mais ce qu’ils font, c’est de la redistribution à l’envers. Les impôts des plus riches, je veux dire des très très riches, ont été fortement baissés sans que soient plafonnées les multiples niches fiscales qui leur permettent d’échapper largement à l’impôt. Et pendant ce temps, on n’a pas assez d’argent pour les écoles, pour la santé, pour que chacun soit dignement logé.

Ils disent vouloir réformer le système de santé pour le sauver mais le principe d’une augmentation des tarifs des consultations vient d’être acté, alors mêmeque les médecins n’ont pas atteint leurs objectifs de réduction des prescriptions à l’utilité douteuse. Et pendant ce temps, les remboursements vont encore diminuer par le biais des franchises médicales sur les consultations ou les boîtes de médicaments.

Ils disent qu’ils veulent réformer l’Etat. Il est vrai que des réorganisations sont souhaitables car les doublons entre administrations d’Etat et administrations locales ralentissent les décisions et encouragent l’irresponsabilité des uns et des autres. Il est sans doute également possible de dégager des gains de productivité dans les services de l’Etat. Mais la baisse des effectifs doit être une conséquence de la réorganisation et non un but en soi. Par exemple dans l’Education nationale, la suppression programmée des redoublements permettrait sans doute de réduire le nombre d’enseignants. Mais une telle réforme, pour produire des effets positifs, implique davantage de soutien aux plus faibles, aux enfants qui ont le plus de difficultés et que les parents ne peuvent pas toujours les aider.

Ils disent vouloir défendre les droits de l’Homme, mais chez nous, les conditions de vie dans les prisons sont toujours aussi dégradantes, les droits des plus faibles toujours aussi compliqués à faire valoir. Et pendant ce temps, ils s’affichent tout sourire avec les plus grands dictateurs du monde. Ils disent que c’est être décomplexé et réaliste.

Ce monde, tout moche qu’il soit, c’est le nôtre. Celui dans lequel, désabusé, abusé ou content, vaillant ou pas, naïf ou éclairé, plus ou moins puissant ou impuissant, on participe au quotidien. Celui que l’on contribue à faire, ou qu’on laisse se faire malgré nous. Car, même si les responsabilités ne sont pas égales, elles sont partagées. Nous pouvons donc tous travailler à le rendre meilleur, à des degrés et dans des registres différents : familial, associatif ou politique. C’est ce que je nous souhaite à tous.

Bien à vous,

Barbara Romagnan

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