François Hollande, au Salon du livre

François Hollande, au Salon du livre

La semaine passée a été marquée par l’horreur de la tuerie de Toulouse. Je souhaite dans ce zoom évoquer le beau discours de François Hollande sur la culture, délivré au Salon du livre, dimanche passé, devant de très nombreux artistes et professionnels. Une façon de nous rappeler que face à l’horreur, la culture est une des réponses pour témoigner de notre commune humanité.

C’est aussi l’occasion d’aborder la place, souvent trop discrète, de la culture dans les projets politiques. La culture est-elle une question secondaire, dérisoire par rapport aux sujets plus urgents du quotidien : le chômage, la précarité, la vie chère, le logement ? François Hollande répond en affirmant que l’avenir de notre pays passe également par la culture. C’est ce qui nous  permet de nous « retrouver dans une volonté commune, de nous dépasser nous-mêmes, d’être capables de rêver ensemble à un avenir où nous serions tous réunis dans une cause supérieure. »

La culture, c’est ce que l’on partage, ce que l’on a en commun, ce qui fait qu’au-delà de nos différences et de nos divergences de vues, nous avons le sentiment de vivre dans le même monde. Car la culture, c’est non seulement les musées, les théâtres, la musique, mais c’est ce que nous avons en commun dans la tête et dans le cœur.

Promouvoir la culture c’est « permettre que notre nation retrouve son identité », « permettre notre vivre ensemble dans la diversité et en même temps dans le partage de valeurs communes, de principes qui nous unissent. »

Que s’est-il passé depuis cinq ans en matière culturelle ? Pour la première fois, les crédits attribués aux scènes nationales ont été diminuées et les politiques pour la démocratisation culturelle, c’est-à-dire pour l’accès de tous à la culture, ont été amputées. L’enseignement de l’histoire-géographie en terminale scientifique a été supprimé. Certaines des œuvres de notre littérature ont été moquées, comme La Princesse de Clèves.

A l’opposé de ce qui a été fait, François Hollande veut « reprendre la grande aventure culturelle de la France, qui fait que quelles que soient les difficultés du moment, il peut y avoir une réunion de tous les Français autour de grands chantiers, de grandes missions ». Cela passe d’abord par le rétablissement de l’autorité du ministère de la Culture autour de deux axes forts : « promouvoir la création, parce qu’elle est exigeante, parce qu’elle peut être couteuse et menacée dans sa liberté » et favoriser la démocratie culturelle, avec pour tous « l’accès aux œuvres, aux manifestations de l’esprit, à l’émotion ». François Hollande s’est engagé à faire voter une « grande loi d’orientation sur le spectacle vivant », assurant que le budget de la culture sera « sanctuarisé, préservé, protégé ».

La culture sera transversale, promue dans les missions du gouvernement : une fiscalité encourageante au ministère des Finances, l’éducation artistique au ministère de l’Éducation nationale, la reconnaissance de la culture en émergence dans les quartiers les plus reculés de la République au ministère de la Ville, la langue française au ministère des Affaires étrangères.

Afin d’établir un meilleur équilibre dans la répartition des crédits, un contrat entre l’État et les collectivités locales sera établi.

Mais la culture, c’est aussi l’égalité et cette égalité commence à l’école. « C’est à l’école que peuvent, comme le disait Jaurès, s’illuminer tous les soleils, c’est-à-dire toutes les consciences, toutes les émotions, tous les bonheurs d’apprendre. Les trésors de l’esprit humain sont à tout le monde ». François Hollande refuse qu’un seul enfant de notre pays puisse, à cause de l’endroit où il est né, du milieu où il a grandi, se dire un jour : l’art, la peinture, la sculpture, ce n’est pas pour moi. « Si c’est pour chacun, c’est pour tous, c’est pour tout le monde. Tous les enfants de la République ont le droit à la culture, à la beauté, à l’émerveillement, à l’émotion, à l’émancipation, au bonheur de découvrir, de partager, de créer ».

En ces temps de crises et de violences, la culture est plus que jamais d’actualité.