Un scrutin binominal et paritaire

Les élections cantonales ne semblent pas passionner. C’est dommage, car les élus de cette collectivité ont la responsabilité de politiques sociales majeures, importantes pour nombre de nos concitoyens : petite enfance, handicap, personnes âgées, insertion. Indépendamment de cet enjeu, l’élection de cette année présente des nouveautés qui méritent l’attention : nouveau découpage et scrutin binominal. Ce redécoupage ne fait pas toujours sens et peut être contesté. Néanmoins, il constitue un progrès démocratique.

Dans certains départements, des cantons pouvaient compter dix fois plus d’habitants que d’autres. Ainsi, certains conseillers généraux représentaient dix fois plus de citoyens que d’autres. En rééquilibrant la population vivant dans les cantons tout en prenant en compte les spécificités géographiques, par exemple la faible densité des zones de montagne, cette inégalité est partiellement corrigée.

Une autre nouveauté est à noter : le scrutin binominal et paritaire. Il va permettre de faire un progrès considérable dans l’égalité de la représentation politique entre les hommes et les femmes. En effet, grâce à ce mode de scrutin, le nombre de femmes élues sera exactement le même que le nombre d’hommes alors que cette collectivité se distinguait jusque-là par sa misogynie. Depuis 1970, seules 11 femmes ont présidé un département et moins de 15 % de femmes composent les élus des départements.

Certains s’étaient inquiétés de la difficulté de trouver des candidates. Il est vrai qu’il n’a pas suffi de changer la loi pour déclencher les vocations, notamment en secteur rural. Mais cela ne devrait pas nous surprendre quand on se rappelle que les femmes exercent toujours la quasi-totalité des tâches ménagères, représentent plus de 90 % des chefs de familles monoparentales et ont des salaires inférieurs de 29 % à ceux des hommes. Elles assument aussi l’immense majorité des responsabilités familiales, qu’il s’agisse du soin des enfants ou des aînés. Reste enfin le sentiment d’incompétence qui me semble plus présent chez les femmes.

La loi ne répond pas à ces difficultés, notamment matérielles, mais incite davantage les femmes à se poser la question de leur engagement malgré tout et d’y répondre éventuellement positivement. Reste à la société de créer les conditions d’une participation plus simple des femmes à la vie publique, notamment par le développement des lieux d’accueil de la petite enfance, par l’encouragement d’un meilleur partage des responsabilités familiales, par une politique d’égalité salariale, des améliorations favorables à un meilleur bien-être de tous dans la société.  Reste à la société de créer les conditions d’une participation plus simple des femmes à la vie publique.

Barbara Romagnan

Chronique publiée dans L’Humanité le 2 mars 2015

Pour que la fin de la vie soit aussi la vie

Comme tout le monde, je souhaite que l’on permette à chacun de vivre et de mourir dans la dignité. Quant à savoir ce que signifie « mourir dans la dignité », c’est là quelque chose de plus difficile à définir. En effet, cette question ne se résout pas à partir de la position que l’on occupe sur l’échiquier politique. Il n’y a pas une réponse de gauche et une réponse de droite sur la fin de vie. Il n’y a pas non plus une opinion progressiste et une autre qui serait réactionnaire ou moralisatrice. Il y a quelques points que j’ai clarifiés pour moi-même, d’autres qui sont plus difficiles.

Je crois essentiel que les directives anticipées aient un caractère contraignant, que les décisions du malade soient respectées, que le patient soit bien au cœur du dispositif. Dans l’état actuel du droit, les directives anticipées ne s’imposent pas au corps médical. Ce qui, de surcroît, lui fait porter une responsabilité considérable. Je crois aussi crucial que l’on permette l’apaisement des souffrances par sédation profonde et continue jusqu’à la mort. Les projets de loi en discussion actuellement le prévoient tous les deux. Le débat porte sur le fait de savoir si, au-delà de la sédation profonde et continue, il faut légaliser l’aide active à mourir.

Si la loi autorise l’aide active à mourir, comment empêcher, surtout dans une société qui valorise la jeunesse, la performance, la rentabilité, que celles et ceux qui, vieux, diminués, seuls, se sentant comme un poids pour les autres demandent à mourir ? Il me semble que nous, la société, avons la responsabilité de les aider à vivre, non de les confirmer dans l’idée qu’ils n’ont plus de raison d’être des vivants, que leur existence n’a plus de sens. Pour autant, si malgré tout, quelles qu’en soient les raisons, ses raisons, la personne demande à ce qu’on l’aide à mourir, peut-être faut-il que la possibilité existe, qu’on puisse lui dire que si vraiment c’est son choix, elle pourra le faire et qu’elle ne sera pas seule pour cela.

L’expérience belge montre que certains des malades qui avaient demandé une euthanasie ont choisi de vivre jusqu’au bout quand cette demande avait été accueillie, reconnue et prise en compte, quand ils avaient pu expliquer au personnel médical et à leurs proches les raisons de leur décision. Une grande part de ces demandes disparaît quand la personne est soulagée de ses souffrances et bien entourée. Mais comment savoir ce que l’on choisira finalement quand on sera personnellement confronté à ce choix pour soi-même ou ses proches ?

Barbara Romagnan

Chronique publiée dans L’Humanité le 22 février 2015

Flash info – Semaine du 16 février 2015

Flash infoRESERVE CITOYENNE - En moins d’une semaine, près de 1 300 personnes se sont dites prêtes à rejoindre la « réserve citoyenne«  (via le site de pré-inscriptions) que le ministère va créer dans les écoles afin d’inviter des intervenants à participer à la transmission des valeurs de la République. Le ministère définit actuellement les contours de la future réserve citoyenne. >> En savoir plus

FACTURE D’EAU - Abonnement, traitement des eaux usées, modernisation des réseaux : de nombreuses mentions apparaissent sur les contrats de fourniture et les factures d’eau. A quoi correspondent-elles ? Lesquelles sont obligatoires ? Certaines clauses sont-elles abusives ? Pour répondre à toutes ces questions, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes propose un fascicule explicatif. Un guide qui prend notamment en compte les nouvelles dispositions issues de la loi Consommation du 17 mars 2014. >> Consulter le guide La distribution de l’eau potable

AGRICULTURE - Le Salon international de l’agriculture revient du 21 février au 1er mars porte de Versailles à Paris sur le thème de l’agriculture en mouvement. A quelque mois de la conférence mondiale « Paris climat 2015″, le salon est l’occasion de rappeler que l’agriculture est utile à la planète pour mieux manger et préserver l’environnement grâce à l’innovation. >> En savoir plus

Agenda – Semaine du 16 février 2015

AgendaLundi 16 février
rendez-vous avec M. le Recteur d’Académie – cérémonie d’hommage aux militaires morts pour la France, à la Caserne Girard – rencontre avec l’association JALMALV – interview sur France Bleu Besançon

Jeudi 19 février
visite de la ferme du lycée agricole Granvelle à Dannemarie-sur-Crète – rencontre à l’école Artois à Besançon

Vendredi 20 février
rendez-vous à Doubs Tourisme sur le projet de loi NOTRe – rencontre à l’école de Grandfontaine – permanence parlementaire à Pouilley-les-Vignes de 14h à 15h30

Samedi 21 février
table ronde sur la fin de vie du CHRU de Besançon

Le foulard de la discorde

Une élue, également maman et éducatrice de profession, m’a dit avoir été en colère en entendant la ministre de l’Éducation nationale dire qu’une mère voilée pouvait accompagner une sortie scolaire. Elle dit ne pas accepter que quelqu’un qui porte des signes religieux puisse s’occuper d’enfants dans une institution de la République et considère que c’est une atteinte à la laïcité.

Cette question de l’accompagnement des sorties scolaires est très discutée. Les ministres de droite Xavier Darcos et Luc Chatel y avaient répondu d’une façon différente. Najat Vallaud-Belkacem a en effet tranché la question en estimant que les parents qui accompagnaient des sorties scolaires n’étaient pas des « collaborateurs du service public » et qu’ils échappaient donc à l’obligation de neutralité religieuse. Si le sujet est difficile, c’est la position dans laquelle je me reconnais. Ainsi, les mères voilées ne sont pas a priori exclues de l’accompagnement des sorties scolaires. Néanmoins, cela ne les autorise pas à faire du prosélytisme religieux, de même qu’on n’a pas le droit de faire du prosélytisme politique. C’est aux enseignants d’en juger.

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Flash info – Semaines du 2 et du 9 février 2015

Flash infoEDUCATION - Solidarité, responsabilité, engagement, respect : le développement durable mobilise des valeurs similaires à celles de la République. Donner les moyens aux enfants et aux adultes autour d’eux d’apprendre à respecter l’environnement, c’est leur apprendre à se respecter eux-mêmes et à respecter les autres. Bâtir des projets communs autour de l’environnement, notamment à l’école, en collège ou au lycée, c’est faire vivre de manière concrète la notion de fraternité et montrer aux jeunes qu’ils sont capables de s’engager ensemble dans un projet, au-delà de leurs différences. Dans cette optique, Ségolène Royal et Najat Vallaud-Belkacem ont annoncé un ensemble de mesures pour intensifier l’éducation au développement durable : mobiliser la jeunesse et la société civile en vue de la Cop 21 ; l’excellence environnementale dans les établissements, montrer l’exemple ; l’école change avec vous, chaque école, chaque collège, chaque lycée va s’engager dans une démarche de développement durable ; l’enseignement supérieur et la recherche, acteurs du développement durable. >> En savoir plus

VEHICULE ELECTRIQUE - Alors que les immatriculations de véhicules électriques particuliers ont progressé de 20% en 2014, Ségolène Royal et Emmanuel Macron souhaitent amplifier la dynamique en 2015, avec : le crédit d’impôt de 30 % : la loi de finances pour 2015 crée un crédit d’impôt sur le revenu « transition énergétique » de 30 % qui s’applique aux dépenses d’acquisition d’un système de charge pour véhicule électrique, payées avant le 31 décembre 2015 ; de nouvelles recommandations pour simplifier l’accès aux bornes et en faciliter l’usage ; des panneaux pour faciliter la localisation et l’accès aux stations de recharge ; l’accélération du déploiement des bornes de charge sur le domaine public ; le bonus écologique maintenu pour 2015 à 6300 € pour les véhicules électriques (<20gCo2/km) et 4000 € pour les hybrides rechargeables (<60gCo2/km). >> En savoir plus

EGALITE FEMMES-HOMMES - Le nombre d’entreprises couvertes par un accord ou un plan d’action relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes progresse de façon continue. Au 15 novembre 2014, 36,5% des entreprises de plus de 50 salariés, assujetties à cette obligation, ont transmis aux services de l’Etat leur accord d’entreprise ou leur plan d’action, contre 15,8% en janvier 2013 et 27,1% en janvier 2014. Parmi les entreprises de plus de 1 000 salariés, 79,1% des entreprises sont couvertes. >> En savoir plus

AGRICULTURE - Le Salon international de l’agriculture revient du 21 février au 1er mars porte de Versailles à Paris sur le thème de l’agriculture en mouvement. A quelque mois de la conférence mondiale « Paris climat 2015″, le salon est l’occasion de rappeler que l’agriculture est utile à la planète pour mieux manger et préserver l’environnement grâce à l’innovation. Du 21 février au 1er mars 2015, Paris sera la capitale mondiale de l’agriculture et de l’élevage. Les deux plus grands salons du secteur, Salon international de l’agriculture et le Salon mondial des fournisseurs de l’agriculture et de l’élevage se tiennent simultanément, en synergie, pour promouvoir une agriculture performante et durable. >> En savoir plus

RYTHMES SCOLAIRES - pedt.education.gouv.fr : une banque de ressources en ligne pour accompagner les élus dans l’élaboration des projets éducatifs territoriaux (PEDT). Maire, élu, président d’établissement public de coopération intercommunale ou responsable administratif d’une commune ou d’une intercommunalité : des informations pratiques et des ressources sont mises à votre disposition pour vous aider dans la construction de votre projet éducatif territorial. Le PEDT formalise une démarche permettant aux communes et aux EPCI volontaires de proposer à chaque enfant un parcours éducatif cohérent et de qualité avant, pendant et après l’école, organisant ainsi, dans le respect des compétences de chacun, la complémentarité des temps éducatifs. >> En savoir plus